Quelle assurance choisir lorsque l'on pratique le covoiturage ?

11/2021 - Mis à jour le 16/11/2021 par Frédérique ROBIN

Vous faites du covoiturage et vous vous interrogez sur votre sécurité en cas d’accident ? L’assurance responsabilité civile du véhicule couvre les passagers mais pas les dommages subis par le conducteur. Des garanties supplémentaires peuvent donc s’avérer nécessaires. Nous faisons le point.

assurance covoiturage

Qu'est-ce que le covoiturage ?

Le covoiturage séduit un nombre grandissant de Français désireux de voyager facilement à moindre coût, mais pas seulement. Partager son véhicule personnel avec d’autres passagers répond également à une envie de faire des temps de transport des moments conviviaux et à la volonté de préserver l’environnement en réduisant les embouteillages et la pollution.    

D’un point de vue pratique, le covoiturage doit remplir deux critères définis par le code des transports afin de ne pas être assimilé à une activité professionnelle :  

  • Le propriétaire de la voiture effectue le déplacement pour son propre compte et profite de cette occasion pour partager son véhicule avec un ou plusieurs autres passagers ; 
  • Le transport est assuré à titre non onéreux, à l’exception du partage des frais de déplacement. Peuvent ainsi être partagés : les péages et les coûts de stationnement, le carburant, les pneumatiques, l’usure du véhicule ou encore les frais de réparation et d’entretien.  

Le respect de ces conditions permet de ne pas basculer dans la catégorie du transport rémunéré de personnes (taxi, VTC…) et protège le conducteur de toute poursuite pénale.  

Faut-il prendre une assurance auto spécifique pour faire du covoiturage ?

En tant que conducteur 

En tant que propriétaire d’un véhicule terrestre à moteur, vous avez souscrit une garantie responsabilité civile, aussi appelée assurance au tiers. Cette assurance minimale imposée par la loi permet de couvrir les dommages occasionnés lors d’un sinistre à des tiers et à des passagers, y compris des covoiturés. A ce titre, la souscription d'une assurance auto spécifique n'est pas nécessaire pour faire du covoiturage.  

Toutefois, vous devez savoir que cette garantie minimale ne vous protège pas par exemple en cas de dommages corporels ou de dommages causés à votre véhicule. Il peut donc être judicieux de renforcer votre couverture à l'aide de garanties complémentaires.  

Des précautions supplémentaires s’imposent également si vous prévoyez de laisser le volant temporairement à l’un des passagers (sur un long trajet par exemple). Une garantie « Prêt de volant » est alors indispensable pour être couvert en cas d’accident.  

En tant que passager  

En prenant place comme passager, vous êtes couvert par l’assurance auto obligatoire du conducteur. Il s’agit d’une garantie responsabilité civile qui protège les covoiturés exposés à des dommages corporels et matériels. En cas de sinistre, vous devez demander les coordonnées de l’assureur du propriétaire de la voiture pour pouvoir effectuer vos demandes d’indemnisation.

Les plates-formes (Blablacar par exemple) proposent-elles des assurances ?

Le plus souvent, les plateformes de covoiturage donnent la possibilité aux conducteurs de souscrire des assurances propres à ces trajets partagés.  

Parmi les plus couramment proposées :  

  • Le remboursement d’une partie, voire dans certains cas de la totalité de la franchise dommages prévue au contrat d’assurance du véhicule ;  
  • La prise en charge du remorquage de la voiture lors d'une panne ou d'un accident ;  
  • Le rapatriement des passagers vers leur lieu de destination en cas d’immobilisation du véhicule ; 
  • Le prêt de volant (sous réserve que le propriétaire de la voiture conduise la majorité du trajet) ;  

Toutefois, avant de souscrire à l’une ou l’autre de ces garanties optionnelles, il est recommandé de faire le point avec votre assureur, certaines d’entre elles pouvant être déjà incluses dans votre contrat. 

Faut-il changer son contrat d'assurance auto lorsque l'on covoiture ?

Votre contrat d’assurance auto, s’il correspond à vos besoins personnels, peut ne plus être adapté lorsqu’il s’agit de faire du covoiturage. Cette pratique pose en effet des questions particulières :   

  • Êtes-vous bien couvert pour les situations de covoiturage domicile/lieu de travail ? 
  • Votre contrat prévoit-il une clause de conduite exclusive ou avez-vous le droit de prêter le volant à l’un des passagers ? Et si oui, dans quelles conditions ? Par exemple, devez-vous communiquer le nom du conducteur temporaire à votre assurance ? 
  • Quels niveaux de franchise s’appliquent en cas de sinistre ? 
  • Si vous conduisez un véhicule de fonction, êtes-vous autorisé à pratiquer le covoiturage ?  

Pour prendre la route en toute sérénité, il peut donc être utile d’échanger avec votre assureur pour voir s’il est nécessaire de faire évoluer votre contrat :   

  • En matière de protection des personnes, et notamment du conducteur (indemnisation des dommages corporels...) ;  
  • En matière d’assistance (assistance panne 0km, assistance déplacement aux personnes et au véhicule…) ;  
  • En matière de protection des biens… 

Pour vous soutenir dans cette démarche favorable à l’environnement, sachez que des aides existent. Elles peuvent prendre la forme d’une prise en charge d’une partie de vos frais dans le cadre du forfait mobilités durables, ou encore d’incitations financières mises en place par certaines Régions.   

Côté MAIF
  • Le covoiturage est même conseillé sur les longs trajets ou en cas de fatigue. Pour MAIF, c’est un gage de sécurité et de prévention des risques d’accidents.
  • MAIF autorise le prêt de volant, sans formalité préalable, et n’applique pas de majoration de franchise en cas d’accident.