Pour être serein au moment d’investir, mieux vaut avoir épargné au préalable. Se constituer une épargne de précaution est un prérequis indispensable : pour faire face aux coups durs (dépenses imprévues, perte de revenus, etc.) et pour ne pas investir de l’argent dont on aurait besoin à court terme. Pour ce faire, il est recommandé de disposer d’un matelas de sécurité représentant l’équivalent de trois à six mois de revenus. Ces sommes d’argent doivent être affectées à un livret d’épargne au lieu de dormir sur votre compte courant. Une fois que cette épargne de précaution est en place, vous pouvez commencer à placer votre argent pour le faire fructifier.
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Livret A : quelles sont les alternatives en 2026 ?
8 min
Créé en mars 2026, mis à jour le 29 avril 2026
Depuis quelques mois, le placement préféré des Français a moins la cote. En 2025, les épargnants ont davantage retiré d’argent sur le livret A qu’ils n’en ont versé. Une première depuis 2015, selon la Caisse des dépôts et des consignations. Cette tendance semble se confirmer sur 2026 : en janvier et février, la collecte nette sur cette enveloppe s’établit à -2,61 milliards d’euros. Ce désamour s’explique avant tout par la chute de son taux, qui est passé de 3% début 2025 à 1,5% depuis le 1er février dernier.
Sommaire
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Le livret A, un placement aux nombreux avantages
Accessible dans tous les réseaux bancaires traditionnels, le livret A est une solution incontournable pour se constituer une épargne de précaution, mobilisable en cas de besoin.
- C'est en effet l'un des très rares placements à bénéficier d'une exonération totale d’impôts (ni impôt sur le revenu, ni prélèvements sociaux).
- De plus, c’est un placement sécurisé. Vous ne pouvez pas perdre d’argent car son taux plancher est fixé à 0,5 % et l’épargne placée sur cette enveloppe (plafonnée à 22 950 euros hors capitalisation des intérêts) est garantie par l’Etat.
- Enfin, c’est un placement liquide : vous pouvez récupérer tout ou partie de votre épargne de manière quasi instantanée.
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Pourquoi chercher des alternatives au Livret A ?
La baisse progressive du taux : de 3 % à 1,5 %
Le taux du livret A est réévalué tous les six mois par la Banque de France. Il est déterminé selon une formule réglementaire, en fonction de l’inflation et des taux interbancaires à court terme.
Longtemps sous la barre des 1 %, le taux du livret A avait repris des couleurs pour atteindre 3 % début 2023. Ce contexte a incité nombre d’épargnants à placer leurs liquidités sur cette enveloppe.
Mais depuis plusieurs mois, les Français boudent de nouveau le livret A. En l’espace d’un an, son taux d’intérêt a en effet été divisé par deux. Il a baissé de 3 % à 2,4 % en février 2025, puis à 1,7 % en août 2025, pour finir à 1,5 % depuis le 1er février dernier.
L'impact de l'inflation sur votre épargne
Au-delà de la diminution du taux en tant que telle, le niveau de rémunération du livret A est à analyser en fonction du niveau de l’inflation.
En 2025, la hausse des prix s'élevait à 0,9 %, contre 2 % en 2024 et 4,9 % en 2023. Le taux réel du livret A, net d’inflation, étant donc positif en 2025, contrairement à 2024 et 2023.
En quelque sorte, à l’époque, vous perdiez de l’argent en plaçant votre épargne sur le livret A.
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Quel livret ouvrir en 2026 ?
Malgré les atouts certains du Livret A, il est actuellement moins attractif. Pour avoir une épargne de précaution suffisante pour faire face aux imprévus (équivalent à trois mois de salaires environ), on peut donc être tenté de chercher d'autres solutions alternatives, proches du livret A.
Les livrets réglementés
Le fonctionnement des livrets réglementés est fixé par les pouvoirs publics. Il en existe quatre :
- Le livret A,
- Le livret de développement durable et solidaire (LDDS),
- Le livret d’épargne populaire (LEP) et
- Le livret jeune.
LDDS et Livret A
Le LDDS (plafonné à 12 000 euros) fonctionne comme le livret A. Il est ouvert à tous et verse le même taux. Encore à 3 % début 2025, sa rémunération de 1,5 % actuellement peut sembler faible, mais cette solution d'épargne, comme le livret A, reste néanmoins incontournable.
LEP
Le LEP et le livret jeune peuvent être ouverts uniquement sous conditions (de ressources pour le LEP, d’âge pour le livret jeune -12 à 25 ans-) mais offrent en contrepartie une rémunération plus avantageuse. Le LEP (plafonné à 10 000 euros) constitue ainsi une enveloppe pertinente dans le contexte actuel pour placer vos économies de court terme (2,7 % net).
Livret jeune
Même chose pour le livret jeune (plafonné à 1 600 euros), dont le taux doit au moins être égal à celui du livret A : ciblez les établissements bancaires offrant une rémunération supérieure.
L’épargne réglementée : le PEL et le CEL
D’autres produits d’épargne dont sécurisés et réglementés existent, mais leur rémunération est inférieure.
- Le plan épargne logement (PEL) : taux de 2 % brut pour les PEL ouverts depuis janvier 2026, mais bloqué pendant 4 ans. Plafonné à 61 200 euros.
- Le compte épargne logement (CEL) : taux de 1,25 % en janvier 2026 (toujours égal à 2/3 du taux du livret A). Plafonné à 15 300 euros.
Les autres livrets
Les autres livrets d’épargne (les comptes sur livrets) affichent généralement une rémunération inférieure aux livrets réglementés, variable selon banques. Selon la Banque de France, ils ont en moyenne rapporté 0,75 % en février dernier. Leurs intérêts sont soumis à la flat tax (31,4 %). En contrepartie, les sommes versées ne sont généralement pas plafonnées.
Pour attirer de nouveaux clients, plusieurs établissements, principalement des plateformes en ligne, affichent des taux très attractifs (supérieurs à 4 %) sur une courte période (2 à 4 mois le plus souvent). Ces « super livrets » peuvent être pertinents si vous êtes à la recherche d’un placement de très court terme.
Le livret épargne de partage
Dans le cas d’un livret de partage, une partie des intérêts est reversée à des associations caritatives. Ces produits émanent, pour l’essentiel, de groupes mutualistes, comme la Maif (livret d’épargne solidaire). Comme pour tout don direct, le montant des intérêts distribués est déductible de vos revenus imposables.
Les comptes à terme (CAT)
Différents des livrets du fait de leur fonctionnement, les comptes à terme (CAT) revêtent néanmoins des caractéristiques similaires en matière de sécurité.
L’argent placé sur un CAT est par définition bloqué jusqu’à son terme (entre un mois et 5 ans). En contrepartie, vous connaissez à l’avance votre niveau de rémunération durant cette période ce qui vous offre une certaine visibilité.
Avec des taux d’intérêt nets semblables au livret A sur des échéances courtes, les PEL affichent actuellement des taux plus attractifs au-delà de deux ans. Ils peuvent ainsi être utilisés en complément du livret A et du LDDS.
Sollicitez votre conseiller bancaire pour connaître les taux servis en ce moment.
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Où placer son argent quand les livrets sont pleins ?
Une fois le matelas de sécurité constitué, d’autres placements peuvent être envisagés avec un niveau de risque supérieur, pour diversifier votre épargne et rechercher davantage de rendement. Tout dépend de votre situation financière, de vos objectifs, de votre sensibilité au risque et de votre horizon de placement.
L'assurance-vie en fonds euros et en unité de comptes
Assurance-vie : performance, diversité et transmission
L’assurance-vie est un placement financier incontournable. Sans plafond, elle permet de profiter d’un cadre fiscal et successoral avantageux, tout en investissant dans une large diversité de supports. Au bout de huit ans, vous profitez en effet d’un abattement fiscal sur vos gains de 4 600 euros (ou 9 200 euros pour un couple). Les retraits restent néanmoins possibles à tout moment.
Fonds en euros : une alternative prudente au livret A
Avec cette enveloppe, vous pouvez sécuriser une partie de votre épargne dans un fonds en euros. Ce support garanti par l’assureur a versé un rendement moyen de 2,6 % en 2025 et en 2024, un taux qui devrait rester stable, voire progresser, en 2026. Il constitue ainsi une alternative pertinente au livret A pour ceux ayant un profil d'investisseur prudent et avec un horizon de placement supérieur à un an.
Unités de compte : viser plus de performance sur le long terme
Sur le long terme, les espérances de gains du fonds en euros sont toutefois limitées. Si votre horizon de placement est supérieur à 5 ans et que vous acceptez de prendre du risque, vous pouvez investir dans des unités de compte (UC), c’est à dire fonds actions, obligataires, immobiliers… En 2025, elles ont rapporté 4,6 % en moyenne selon France Assureurs.
Pour optimiser vos gains, choisissez une assurance-vie dont les frais sont bons marché (versements gratuits et frais de gestion annuels inférieurs à 0,8 %).
Les SCPI : l'immobilier locatif sans contraintes
La société civile de placement immobilier (SCPI) permet d’investir dans l’immobilier locatif, principalement d’entreprise (bureaux, hôtellerie, établissements de santé, entrepôts...) et d’en percevoir des revenus réguliers sans s’encombrer de la gestion locative. Si les performances des SCPI brillent par leur régularité (4,91% en 2025 après 4,72% en 2024 selon l’IEIF), ce placement s’inscrit normalement dans une logique de long terme (plus de huit ans). Plusieurs d’entre elles appliquent des frais d’entrée élevés qu’il faut amortir, et le délai pour récupérer l’argent placé se compte en mois le plus souvent.
SCPI récentes : un potentiel supérieur
Il convient néanmoins de bien sélectionner sa SCPI : celles lancées ces dernières années pour profiter de prix décotés affichent des performances bien supérieures à des SCPI plus anciennes qui souffrent de l’essor du télétravail et de la hausse des taux.
Le PER : épargner pour la retraite en défiscalisant
Le plan d’épargne retraite (PER) permet de vous constituer un complément de retraite, tout en bénéficiant d’un cadre fiscal avantageux. Vos capitaux sont bloqués jusqu’à la retraite, mais en contrepartie, vous pouvez déduire une partie de vos versements de votre revenu imposable. Vos retraits seront en revanche soumis à l’impôt sur le revenu (IR). Ce produit est donc surtout pertinent dans une optique de long terme, et non comme une alternative réelle au livret A. Des cas de retraits anticipés existent toutefois (achat de la résidence principale, invalidité, décès du conjoint, expiration des droits chômage ou cessation d’activité après liquidation judiciaire, surendettement).
Fonds en euros, UC et gestion à horizon
Comme en assurance-vie, vous pouvez investir dans du fonds en euros et des UC. Il est également possible d’opter pour une gestion à horizon : votre allocation évolue vers des supports plus sécurisés à l’approche de l’âge de la retraite.
Investissement en actions cotées et non cotées
Les actions cotées en Bourse sont indispensables pour espérer doper le rendement de vos placements. Leurs performances demeurent néanmoins très volatiles (+10,4 % en 2025 pour le CAC 40, l’indice phare de la Bourse de Paris, après -2,15 % en 2024), avec un risque de perte en capital important. L’absence de visibilité sur l’évolution de l’économie mondiale compte-tenu du contexte géopolitique incite par ailleurs à la prudence, d’autant que les marchés financiers restent haut.
PEA et PEA‑PME : investir en actions avec un cadre fiscal privilégié
Pour profiter d’un cadre fiscal avantageux, vous pouvez investir dans ces titres via un plan d’épargne en actions (PEA). Il permet de gérer un portefeuille de titres (cotés en Bourse ou non) de sociétés ayant leur siège dans l’Union européenne, jusqu’à 150 000 euros de versement maximal. Les gains sont exonérés d’impôts après 5 ans.
Sur le même principe, le PEA PME est plafonné à 225 000 euros (75 000 si vous disposez déjà d’un PEA au plafond) et se concentre sur les sociétés dont la capitalisation boursière est inférieure à 2 milliards d’euros.
Les actions non cotées (private-equity) peuvent également constituer un axe de diversification pertinent. Mais compte-tenu de leur plus faible niveau de liquidité, il est conseillé de ne pas y allouer plus de 10 % de ses investissements.
Côté MAIF
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