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Conseils et prévention
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La vie quotidienne

Enfance : à chaque âge, ses risques

Dès sa naissance, l'enfant est plongé dans un monde fait par et pour les adultes. Sa taille, ses capacités physiques et psychologiques n'y sont pas adaptées et le rendent donc particulièrement vulnérable. À chaque étape de son développement psychomoteur, un nouveau monde s'ouvre à lui et autant de risques inconnus. S'ils participent à son apprentissage, ces risques ne sont pas à négliger et peuvent provoquer de graves traumatismes.

À savoir

Jusqu'à l'âge de 4 ans, les accidents domestiques sont la première cause de décès d'origine traumatique. À partir de 5 ans, les accidents de la route prennent le relais...

De 0 à 12 mois, des premiers moments sous haute surveillance…

La première année, le tout-petit se développe très rapidement et acquiert une grande mobilité. Il est bien sûr complètement dépendant de ses parents. Pour ces derniers, vigilance et organisation sont primordiales.

Attention à la tête

  • Les premières semaines, un nourrisson passe la majeure partie de son temps à dormir, mais n'est pas à l'abri d'une chute…
  • La tête est alors la première touchée, car elle est proportionnellement plus lourde que celle de l'adulte (1/4 de son poids jusqu'à 2 ans)
  • Le cou du nourrisson est d’une faible musculature ce qui le rend encore plus fragile

À savoir

  • En voiture, utiliser un dispositif « dos à la route » est indispensable jusqu'à ce que l'enfant ait au moins 18 mois ou atteigne 13 kg.
  • En cas de choc, les tractions exercées au niveau du cou sont 10 fois moins importantes et les risques de lésions de la moelle épinière sont amoindris.

Vigilance totale et présence obligatoire

  • À la maison, ne jamais laisser un bébé seul sur une table à langer, même pour un bref instant et même si elle possède des rebords.
  • Dans la baignoire, même si le bébé est installé dans un transat de bain (qui n'est pas un dispositif de sécurité), ne pas le laisser seul : il peut se noyer dans très peu d'eau et en 30 secondes seulement.
  • Même si un nouveau-né ne gigote pas trop, respecter les règles de sécurité préconisées pour l'utilisation du matériel de puériculture (aux normes NF) : toujours attacher le tout petit dans sa poussette ou son transat, et plus tard dans sa chaise haute.

Bébé grandit… le risque aussi

  • À partir de 4 mois, le nourrisson gesticule de plus en plus, commence à se mettre sur le ventre et parfois à ramper : il s'entraîne ainsi à attraper les objets et à les porter à sa bouche (et ce jusqu'à 2 ans).
  • Vers 8/9 mois, il commence à se déplacer ou à se hisser : il devient vital de protéger ou mettre en lieu sûr tout ce qui est potentiellement dangereux - électroménager (four, mixeur...), ustensiles de cuisine, produits ménagers, médicaments, piles, cosmétiques, cacahuètes… Le bébé s’expose aux risques de brûlures (aux séquelles plus graves que chez l’adulte), d’étouffement ou d’intoxications (15 000 cas par an chez les enfants de cet âge).
  • Rester particulièrement vigilant sur les dangers que constituent les escaliers ou les prises électriques (à protéger avec des cache-prise).
  • Enfin, ne jamais laisser l’enfant seul avec un animal domestique, aussi gentil soit-il…

À savoir

Ces premières mesures de sécurité resteront valables jusqu'à ce que l’enfant ait au moins 3 ans.

De 1 à 2 ans : des premières explorations à risques

Poser des limites

  • L'acquisition de la marche modifie chez l’enfant la perception de son environnement, ce qui explique la multiplication des chutes…
  • Besoin de se dépenser, impulsivité etcuriosité associés à l’incapacité d’évaluer le danger génèrent chez lui des conduites à risques
  • L’enfant de moins de 2 ans vit dans le présent, il est donc incapable d'anticiper : au parent de le faire pour lui et de poser le « non »
  • L'apprentissage de ce "non" est très important et sera d'autant plus efficace s'il se fait dans la douceur
  • En prenant le temps d'accompagner l’enfant dans ses acquisitions, le parent pourra lui faire prendre conscience de ses capacités et de ses limites
  • Ensuite, il s’agira d’être ferme sur les interdits posés

Expliquer le danger

  • À partir de 18 mois, l'enfant commence à comprendre des explications simples, donc ce qu'il doit faire ou non, et pourquoi
  • Il entre aussi dans sa phase d'opposition, ce qui peut compliquer les choses…
  • Il est alors important d’utiliser un langage clair et adapté : les enfants acquièrent tardivement les nuances de l'expression (à 7 ans la moitié du vocabulaire utilisé par les adultes ne leur est pas accessible)
  • En perpétuelle tentative d’imitation et en quête de nouvelles expériences, tout ce qui l'entoure attise son imagination : fenêtres et tables de cuisson deviennent pour lui de véritables lieux d'exploration…
  • À l'extérieur, devant tant de choses à goûter et à escalader, redoubler de vigilance…

À savoir

Il ne faut pas oublier que l'enfant perçoit bien différemment les notions de danger, de vie et de mort.

À partir de 2/3 ans : une quête d'autonomie insatiable…

Veiller sur ses aventures…

  • En quête d'autonomie, maîtrisant de mieux en mieux son corps, affirmant sa personnalité, l’enfant s’expose de plus en plus au risque : c’est le moment de saisir toutes les occasions pour lui montrer et lui expliquer les dangers.
  • L’intoxication et la noyade sont des risques majeurs à cet âge : une attention accrue sera portée à proximité de piscines, de mares ou de ruisseaux…
  • Pour découvrir les joies de la baignade, l’enfant devra porter des brassards adaptés à son poids, munis de valves anti-retour et de deux chambres à air, pour éviter qu'ils ne se dégonflent trop vite.

À savoir

Des dispositifs de sécurité doivent équiper les piscines privées pour prévenir le risque de noyade des jeunes enfants. En savoir plus

L’enfant et la route : les débuts de la prévention…

  • Jusqu'à 6 ans, l’enfant ne peut fixer son attention que sur une seule chose à la fois
  • C'est cependant le moment pour commencer à lui apprendre où et comment traverser la rue : toujours donner la main, s'arrêter au bord du trottoir, choisir les passages pour piétons, respecter le "petit bonhomme" vert...
  • En voiture, lui montrer que l’on s’attache… il sera ravi d’imiter ses parents
  • Dès que l’enfant est jugé suffisamment mûr, on peut commencer à l'habituer à boucler seul sa ceinture de sécurité. Une habitude à prendre pour la vie…

Attention !

  • En voiture, l’utilisation d’un dispositif adapté à l'âge et au poids de l'enfant est obligatoire jusqu'à 10 ans
  • Cet investissement est onéreux, mais vital : dans un cas sur deux d’accidents impliquant un enfant, celui-ci est mal ou pas attaché
  • Ces dispositifs permettent d'éviter l'éjection du véhicule, très meurtrière
  • Ils sont conçus pour empêcher que l'enfant ne se transforme en projectile à l'intérieur de la voiture et, au moment du choc, ils répartissent les efforts sur les parties résistantes du corps.
  • Consulter le dossier sur la sécurité des enfants en voiture

À partir de 6 ans : apprendre les dangers de la route

Une perception auditive et visuelle limitée

  • Du fait de sa petite taille, l’enfant n'a pas une vue d'ensemble de la circulation
  • Il faut 4 secondes à l’enfant pour identifier si un véhicule est à l'arrêt ou en circulation (contre 1/4 de seconde pour l'adulte)
  • À 6 ans, seuls 58 % des enfants distinguent correctement leur gauche de leur droite : en cas de panique, l'enfant confond facilement les deux
  • Jusqu'à 7/8 ans, pour l’enfant, il est difficile :
    • de discerner la nature et l'origine d'un bruit,
    • d’évaluer à la fois les distances et les vitesses des véhicules,
    • d’évaluer le temps qu'il lui faut pour traverser la rue.
  • Jusqu'à 10 ans, l'enfant n'entend et ne voit correctement que ce qui se trouve devant lui.
  • Vers 11-12 ans, il est enfin en mesure de sélectionner rapidement ce qui est essentiel et d'interpréter pleinement la signification de l'ensemble des messages reçus.

Attention avant 12 ans !

  • Ne pas laisser l’enfant circuler seul dans la rue, à pied ou à vélo
  • Réaliser l’apprentissage de la bicyclette hors circulation
  • Lui apprendre à porter son casque et, pour les autres sports (roller, ski, équitation), à porter les protections nécessaires (casques, coudières, genouillères...)

Quelques principes à garder en tête

  • Les âges indiqués sont des repères pour mieux connaître les limites de l’enfant
  • Ne pas sous-estimer les capacités d’un enfant en le "couvant" trop, mais surtout ne pas les surestimer !
  • Observer sa progéniture permet de l’aider à progresser
  • Toujours expliquer et répéter les règles de sécurité
  • Ne jamais oublier que les "grandes personnes" sont des modèles pour les enfants : donc toujours montrer l'exemple…