
Le guide pratique du photographe et réalisateur indépendant : Amédée vous explique comment se former, développer ses compétences, trouver ses clients et ne jamais cesser d’apprendre !
Clémence Sebag, Traductrice indépendante et enseignante
11 min
Créé en juillet 2023, mis à jour le 25 septembre 2023
Le guide pratique du traducteur freelance : comment se former, développer ses compétences, trouver ses clients et ne jamais cesser d’apprendre !
Sommaire
Traduire un texte, c’est partir seul (le plus souvent – même s’il y a aussi des traductions à quatre mains) en quête du mot juste. Après, les compétences varient en fonction du type de traduction que l’on fait.
Ici, je vais évoquer les trois types de traduction.
Pour ma part, j’ai fait un Master de traduction audiovisuelle et en complément plusieurs formations courtes de traduction littéraire.
Mais pour devenir traducteur freelance, on peut aussi se former soi-même grâce aux Moocs et aux logiciels de sous-titrage pro qui contiennent des manuels très complets.
Aujourd’hui, les Masters Pro se multiplient dans chaque spécialité. Sinon, les diplômes universitaires LEA (langues étrangères appliquées) et Littérature comparée incluent des cours de traduction (traduction de documents techniques pour le premier, et littéraire pour le second).
Il existe aussi des écoles spécialisées (payantes) qu’on peut intégrer après une licence. Les plus connues sont l’Esit, l’Isit, l’Estri et l’IT-IRI.
Se spécialiser permet de se faire connaître plus rapidement. En outre, cela vous aide aussi pour avoir un réseau plus vaste, travailler plus vite (et donc de façon plus rentable) et d’être mieux rémunéré si l’on choisit de se spécialiser dans un domaine technique.
Le mieux, c’est de proposer ses services de traduction à sa propre clientèle.
Mais il faut bien commencer quelque part. On peut donc commencer par Malt, un site qui met en relation freelance et clients dans de nombreux domaines.
Pour ma part, je suis aussi assez régulièrement contactée par LinkedIn. Mais pour me faire connaître au départ en tant que traductrice indépendante, j’ai surtout envoyé mon CV à toutes les boîtes de production et les agences d’audiovisuel que j’ai trouvées sur Internet.
Sachant que se forger une clientèle prend du temps et que le réseau reste le meilleur moyen de trouver du travail, je ne conseille pas de se lancer en freelance directement en sortie d’études. C’est par le bouche-à-oreille que j’ai eu la plupart de mes clients actuels.
L’avantage (outre le fait qu’on est nettement mieux payé) c’est que les relations sont bien plus agréables : les petites boîtes de production, dans la mesure où elles sont satisfaites de la qualité, n’ont pas un volume qui justifie de multiplier le nombre de traducteurs professionnels avec lesquels elles travaillent. Il est donc facile de fidéliser la clientèle.
En termes de contenu, les agences et les petites boîtes de prod en général proposent du sous-titrage de séries, de vidéos corporate (vidéos de formation, etc. pour des entreprises), de documentaires.
Pour sous-titrer des films de fiction, le mieux c’est de noter, à chaque fois que vous regardez un film, le nom des agences qui ont réalisé le sous-titrage (à la fin du générique) et leur envoyer un CV. Hiventy est l’une des agences principales.
Pour chaque traduction spécialisée, un outil spécifique peut être utilisé.
Ce domaine regroupe tous les secteurs d’activité spécialisés : médecine, ingénierie, droit, assurance, etc. Par exemple, vous retrouverez couramment la traduction de documents officiels.
De plus en plus, le traducteur assermenté utilise des outils d’assistance.
Le plus connu est Trados. Il scanne la version originale, repère les termes techniques et les traduit. Il classe les mots qu’il traduit selon les probabilités que ce soit bien ce sens technique là.
Pour faire simple, dans un texte juridique, le logiciel surlignera : en jaune « législation » en indiquant qu’il y a 90 % de chances que ce terme se traduise par « loi », en vert régulation
qui a 70 % de chances de se traduire par « règlement », etc. Au traducteur indépendant d’approuver ou non les solutions proposées, et de compléter.
Le traducteur technique est payé au mot, sachant que les tarifs sont établis en fonction d’un barème : les mots qui ont 90 % de chances d’avoir été traduits correctement par le logiciel sont moins bien rémunérés que ceux qui ont 70 % de chances d’avoir été traduits correctement.
Il faut savoir que certaines agences de traduction ne souhaitent travailler qu’avec les traducteurs utilisant des outils, car cela leur permet de payer moins au final.
Pour ma part, je ne trouve pas ce type de travail stimulant et m’en tiens donc à des traductions moins techniques (corporate, politique européenne et juridique léger, disons).
Je facture au mot, ce qui est la norme, et j’ai un prix fixe pour les traductions techniques, qui est de 0,15 €/mot. Ce tarif est plutôt dans la fourchette haute, je le pratique avec mes clients, et les traducteurs qui se lancent en freelance préféreront sans doute facturer entre 0,11 et 0,13 €/mot.
Sachez que si vous travaillez avec des agences – qui prennent donc une commission – le tarif sera plutôt à 0,09 €/mot maximum.
À noter : la traduction technique est la mieux rémunérée. Mais elle n’est pas créative, et peut vite avoir l’impression d’être une version humaine de Google translate. C’est comme tout dans la vie, c’est une question d’équilibre.
Il y a beaucoup de logiciels de sous-titrage gratuits disponibles. Pour ma part, j’ai toujours préféré utiliser un logiciel professionnel. WinCaps est l’un des plus réputés.
Quand on débute, pour rentabiliser le logiciel de sous-titrage, le mieux, c’est de le louer – tant qu’on n’a pas assez de recul pour estimer précisément sa charge mensuelle de sous-titrage. La location coûte moins de 30 € par mois. Au début, c’est très lent et laborieux, mais plus on s’habitue à son logiciel et qu’on connaît les astuces, plus on va vite.
À noter que certaines agences ne travaillent qu’avec des traducteurs freelances qui utilisent leur logiciel. Personnellement, je refuse de travailler avec ces agences-là.
En effet, attendu que mon logiciel permet d’exporter les fichiers de sous-titres dans un format universel (que ces agences peuvent donc utiliser) rien ne justifie cette contrainte. Or, devoir apprendre plusieurs nouveaux logiciels rendrait mon travail bien moins efficace et rentable.
En travaillant pour des agences de traduction audiovisuelle, on peut rapidement remplir son planning. Le seul hic… les agences prennent des commissions importantes.
GoLocalise pratique, par exemple, les tarifs suivants :
Netflix est l’un des gros recruteurs actuellement. Leurs tarifs sont plus intéressants que ceux que pratiquent les agences. Il faut passer un test de langue, puis faire une formation pour apprendre à utiliser leur logiciel. Mais après, ils proposent du travail régulièrement à leurs traducteurs freelance.
Le mieux reste pour se constituer une clientèle propre. Pour ma part, je travaille pour plusieurs boîtes de production indépendantes. Chacun fixe ses tarifs, mais il faut penser que si ces boîtes faisaient appel à une agence audiovisuelle, elles paieraient au moins 10 € de la minute de film.
Pour calculer combien cela fait en taux horaire, comptez 10 minutes pour sous-titrer 1 minute de film. Donc, trois jours pour sous-titrer un film.
La bonne nouvelle, c’est que le traducteur littéraire n’a besoin de rien d’autre qu’un ordinateur et des dictionnaires.
Les dictionnaires que l’on trouve en ligne suffisent amplement :
Les traducteurs littéraires ne sont pas payés au mot, mais au feuillet (terme qui appartient à l’édition et qui correspond environ à 1500 signes).
Pour une traduction de l’anglais vers le français, la fourchette de rémunération se situe entre 19 et 21 € par feuillet. Pour l’allemand, l’italien et l’espagnol, les tarifs sont un peu plus élevés, entre 21,50 et 22,50 € par feuillet. Les prix continuent de monter pour les compétences linguistiques les plus « rares ».
Pour en savoir plus, une l’ATLF (Association des Traducteurs Littéraires de France) propose une grille tarifaire.
Plus on travaille pour une grosse maison d’édition (qui a donc de plus gros budgets), meilleure est la rémunération au feuillet. Il faut aussi tenir compte du fait que ces traducteurs freelance sont payés en droits d’auteur, c’est-à-dire que la maison d’édition leur fait une avance sur les droits d’auteur (le montant de cette avance étant fixé par le calcul au feuillet, donc la taille du livre), puis, chaque année après calcul des ventes, la maison reverse à l’interprète un pourcentage des recettes.
La moyenne de ce pourcentage se situant autour de 2 %. Si on travaille pour une grosse maison d’édition, les droits d’auteur seront plus importants, puisque les ventes sont plus importantes.
Pour donner un ordre d’idées, j’ai travaillé pour une maison d’édition indépendante qui me payait 20 € par feuillet et 1,5 % en droits d’auteur.
Résultat des courses, pour un livre, on peut espérer gagner entre 4 000 et 8 000 € selon la taille du livre.
Pour gagner un SMIC annuel, il faut donc traduire entre trois et quatre livres par an.
Enfin, il faut travailler extrêmement vite, ou bien avoir un peu de marge financièrement, car ce qui se fait le plus couramment, c’est un versement par moitié (à la signature du contrat, puis à l’acceptation du manuscrit) ou par tiers (signature, remise du manuscrit, acceptation).
De façon générale, pour m’aider pour ne pas brader mes prix malgré tout (Se brader, c’est se faire du mal et faire du mal aux autres traducteurs freelance – donc c’est interdit) j’utilise une application qui me permet de minuter le temps consacré à chaque traduction.
J’utilise Timesheet, une application pour Android qui est gratuite et très bien, et il y en a d’autres pour les iPhone. L’avantage, c’est qu’à force, je peux estimer assez précisément le temps que me prendra chaque type de traduction, et donc tenir mes délais, en plus de pouvoir calculer mon taux horaire moyen.
Bonus : le calcul du taux horaire est souvent une motivation à travailler beaucoup plus efficacement.
Une fois qu’on a déniché de bons clients, pour les garder, il suffit de respecter la base :
Un autre avantage de bosser avec des boîtes de prod directement : comme les relations sont plus privilégiées, elles veulent bien attendre une heure que leur traducteur ait vérifié ses mails et préparé un devis. Pour ça, il suffit de garder les yeux vissés sur son smartphone ou de ne jamais quitter son bureau. Au choix.
Il faut bien avoir en tête que le métier de traducteur est solitaire. Pour se sentir moins seul, pour des conseils, sur les tarifs, il y a les forums (Proz.com par exemple).
Quand on est bloqué sur la traduction d’une expression, le forum de WordRef est pas mal. Enfin, je conseille vivement les coworkings, ça aide à se lever le matin et avoir des horaires de bureau fixes. Ce qui permet donc d’accepter les propositions de traduction dès qu’elles sont faites et non pas en décalé. Et surtout ça aide à se faire des copains qu’on pourra allègrement transformer en relecteurs officieux.
Les non-traducteurs font de très bons cobayes pour tester des phrases dont on n’est pas sûr : s’ils ne comprennent pas l’original, ils pourront dire plus spontanément si ça sonne bien en français.
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