MAIF, Assureur Militant

Mobiliser ses bénévoles

Mobiliser ses bénévoles

Trouver des bénévoles pour assurer les activités de votre association n'est déjà pas si simple.
Comment les mobiliser ?

Lorsqu'une équipe est constituée, des habitudes peuvent se prendre, au risque du " ronronnement ". Passé l'instant de la création, qui attire et fédère souvent les bonnes volontés pleines d'idées et d'énergie, le projet en vient à stagner, les activités deviennent répétitives et les adhérents, faute de nouveauté, sont moins prompts à se réinscrire. Quelques trucs pour que les bénévoles, véritables forces vives de l'association, aient toujours envie d'aller de l'avant.

Bénévolat : changement de profil

Selon l'enquête de Viviane Tchernonog « Les associations entre crise et mutations : Les grandes évolutions » (2013), les associations comptent environ 16 millions de bénévoles actifs. Autant dire que les discours sur la crise du bénévolat ne concernent pas l'aspect quantitatif. Qualitativement, en revanche, le bénévolat s’est modifié en profondeur, devenant plus ponctuel et plus hétérogène, et s'engage de plus en plus dans une voie de professionnalisation.

Les responsabilités se sont multipliées (politiques, administratives, managériales) et se concentrent plus souvent sur un petit nombre de personnes.

Dans l’étude «La France bénévole 2013 », au début de la crise, en 2009, 47% des bénévoles se disaient plus concernés, plus attentifs et plus actifs ; ils sont 72% en 2013.

Un bénévolat protéiforme

Entre les personnes qui prêtent main forte occasionnellement, celles qui répondent présentes à chaque heure du jour ou de la nuit, celles qui veulent être utiles et celles qui ne souhaitent que pratiquer une activité, se faire des amis, ou se former, tout un panel d'engagements bénévoles existe. Afin d'avoir une équipe bénévole active, entre démarche personnelle et dynamisation du projet associatif, l'association doit donc savoir combiner au mieux les attentes de ses bénévoles avec ses propres besoins.

Puisque les modes d'engagement associatifs évoluent, chacun doit trouver son compte. Certaines structures associatives recourent à des méthodes managériales et de gestion des ressources humaines.

L'association n'est pourtant pas une entreprise. Quel est le projet de l'association ? Veut-on des bénévoles plutôt que des militants associatifs ? Des tâches à effectuer et des compétences à mettre en oeuvre plutôt qu'une adhésion à un projet ? Des besoins à couvrir plutôt que des envies ? Des profils de postes plutôt qu'un accueil de bonnes volontés ?...

Il s'agit avant tout de prendre les gens comme ils sont, avec ce qu’ils ont envie de faire. Puis rentrer dans un processus d’aménagement de l’association. Et non le contraire…. En acceptant le fait que tous ne sont pas prêts à participer régulièrement aux manifestations et activités, que tous ne seront pas responsables d’activité ni de commission, ni membre du conseil d’administration ou du bureau.

Animation

Un bénévole n'est pas un salarié : aucun lien de subordination ne le lie à la structure associative. Pas question donc de lui faire faire une deuxième journée de travail non payée. Si le bénévole met sa motivation et ses compétences à disposition de la structure, une limite est à respecter. L’association doit veiller à la prévention et à la gestion des conflits, notamment en rappelant la règle, en fournissant les statuts et le règlement intérieur, et en s’efforçant de distinguer les missions des bénévoles de celles de l’équipe salariée.

Mais avant toute chose, les bénévoles doivent se sentir bien et reconnus au sein du groupe. Au fur et à mesure de leur arrivée dans l'équipe, chacun aura déjà été accueilli, pourquoi pas dans le cadre d'une réunion organisée à cet effet ? C’est l'occasion de les informer sur l'histoire de l'association, ses valeurs, ses objectifs généraux, son fonctionnement statutaire, mais aussi ses moyens d’actions, ses partenaires, l’investissement de ses dirigeants, et d’aborder en toute transparence les enjeux, les difficultés, mais aussi les avancées et les réussites.

L'adhésion au projet est une mobilisation en soi. Le projet collectif est au centre de la démarche, chacun prendre la mesure de son engagement individuel.

Mais un usager ne se transforme pas en bénévole pour autant, ni un bénévole en administrateur. Ce long processus ne peut cheminer que si la démocratie est au coeur du fonctionnement associatif, lui-même fondé sur l'expression et l'écoute de chacun, et une bonne dose de confiance. C’est un risque à prendre, sous peine de voir le projet se dévitaliser avec le temps.

L'expérience associative

La vie associative est formatrice à bien des égards.

Il faut mettre en avant ce que les bénévoles ont à gagner en s'impliquant dans le projet. Quelques arguments : le bénévolat permet, notamment aux étudiants et aux personnes en recherche d’emploi, une connaissance du fonctionnement des institutions, des rencontres avec les acteurs économiques et une véritable immersion dans le monde du travail. Travailler en commission thématique, rencontrer des partenaires, assurer la coordination d’un événement, rédiger les comptes rendus, les communiqués de presse ou des articles sont autant d’expériences professionnelles que le bénévole peut faire valoir dans son CV.

L’engagement peut ainsi offrir une " formation professionnelle ", potentiellement valorisable par la validation des acquis de l’expérience (VAE). Le réseau relationnel offert par la vie associative n’est pas non plus à négliger. La reprise d’emploi doit parfois beaucoup à l’entretien de ces réseaux.

Outils pratiques

Nombreux sont les outils pouvant accompagner l'animation et la motivation d'une équipe bénévole.

Dès l'accueil de nouveaux arrivants, l'association pourra avoir prévu une formalisation du " contrat associatif " par un engagement réciproque du bénévole et de l'association , en précisant ce que l’association peut offrir en retour (formation, VAE…).

Dans le règlement intérieur, le coût de l’adhésion pourra être distingué du prix des services, afin que l’usager se sente un peu plus
" membre/acteur " que " client/consommateur ". Dans les statuts, de réelles délégations pourront être prévues : " vice-président chargé de ",
" membre de la commission…").

La durée des mandats aura aussi été limitée, afin d’assurer un renouvellement des instances. Enfin, il s'agit d'éviter les réunions rébarbatives en faisant de l’assemblée générale un réel moment d’échange de points de vue (en n'omettant pas de veiller à la répartition des temps de parole !).

Valorisation comptable gratification

D'autres outils existent.

Depuis 1999, par exemple, le plan comptable associatif prévoit l’enregistrement de " contributions volontaires " et notamment du bénévolat (à condition que l’association dispose d’une information quantifiable et valorisable ainsi que de méthodes d’enregistrement fiables).

Cet indicateur, joint aux dossiers de demande de subvention est précieux.
Il permet de se faire valoir auprès des partenaires, en donnant une image plus fidèle de vos activités, de vos coûts et de vos ressources.
Il l'est aussi pour vos propres bénévoles, qui pourront juger par eux même de l'importance et de l'efficacité de leur travail.

Rappelez également à vos bénévoles que des remboursements de frais sont possibles (cf. notre fiche) et que l’association, depuis
la loi n° 2006-586 du 23 mai 2006, peut leur délivrer des chèques repas.

Point de vue de l'assureur

Plus les bénévoles sont investis et impliqués dans le projet associatif, plus ils sont vigilants sur le bon déroulement des activités.

Par ailleurs, la formation étant au coeur de l'animation d'équipe, prévoir une session de formation sur les thèmes de l'assurance ou de la sécurité n'est jamais inutile.

Enfin, l'article L743-2 du code de la Sécurité sociale prévoit une assurance couvrant les risques d'accidents du travail et de maladies professionnelles des bénévoles associatifs à condition que l'association s'acquitte des cotisations nécessaires. Un moyen de plus pour l'association, outre la démarche de prévention, de manifester son égard à ses bénévoles.
En savoir plus

Solution MAIF

Le contrat Raqvam Associations & Collectivités pour les petites et moyennes associations ou Raqvam Associations & Collectivités pour les grandes associations intègre automatiquement la couverture de la responsabilité civile de l’association, à l’égard ou du fait de ses bénévoles. Ceux-ci bénéficient également, dans le cadre de leurs activités associatives, des garanties responsabilité civile-défense, dommages corporels, dommages aux biens recours-protection juridique et assistance.