Réduire son taux d’imposition en tant qu’auto-entrepreneur : les astuces

04/2021 - Mis à jour le 14/04/2021 par Clément S.

Votre statut d’indépendant peut faire, à première vue, des envieux : flexibilité, équilibre entre vie professionnelle et personnelle, choix dans les missions et clients, revenus parfois supérieurs... Sauf que ce statut réserve des surprises - et pas toujours les meilleures - comme un taux d’imposition plus élevé que celui des salariés. Mais, grâce à quelques petites astuces, vous pouvez faire baisser votre impôt.

vente de produits en extérieur

Comment sont imposés les travailleurs indépendants ?

En tant qu’indépendant, vous êtes soumis à trois typologies d’impôt :

  • l’Impôt sur le Revenu prélevé à la source, sous forme d’un acompte mensuel ou trimestriel, avec potentielle régularisation dans un second temps,
  • la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA),
  • la Contribution Économique Territoriale (CET).

Charges : déclarer pour réduire le montant de vos cotisations

Votre Impôt sur le Revenu s’applique sur votre bénéfice. Or, vos dépenses professionnelles l’impactent en le diminuant. En conséquence, si vous ne soustrayez pas le montant de ces dépenses de votre bénéfice, votre niveau d’imposition peut être plus élevé qu’il ne devrait. La solution : bien enlever vos charges de votre revenu imposable.
Pour amoindrir toujours plus votre impôt, vous pourriez être tenté d’augmenter vos charges pour réduire votre bénéfice et donc économiser. Mais l’administration fiscale surveille cette pratique jugée frauduleuse. Restez donc vigilant à bien pouvoir justifier toutes vos dépenses pour les légitimer en cas de contrôle… qui n’arrive pas qu’aux autres. Car, si elles sont considérées comme non justifiées, un redressement fiscal s’appliquera.
Parmi la liste des frais déductibles figurent notamment :

  • les frais de personnel,
  • les fournitures,
  • les frais de repas (d’affaires ou dans le cadre de déplacement).

Opter pour le régime micro-fiscal simplifié

Si vous êtes entrepreneur individuel soumis au régime réel, vérifiez si vous êtes éligible au micro-fiscal simplifié.
Comme son nom l’indique il donne accès à :

  • les formalités administratives simplifiées. Elles regroupent, par exemple, le paiement de l’impôt sur le revenu,
  • un allègement des charges sociales. Celles-ci se voient basées sur un pourcentage du chiffre d’affaires (et non sur votre bénéfice) avec un abattement forfaitaire, dépendant du montant de vos charges,
  • une exonération de TVA. Vos clients n’en sont pas facturés, en contrepartie vous ne pouvez la récupérer sur vos achats ou investissements,
  • la possibilité du versement libératoire de l’impôt. Chaque mois ou trimestre, vos charges sociales et vos impôts sont à régler sur base d’un taux unique.

Toutefois, pour être éligible à ce régime, votre chiffre d’affaire ne peut dépasser les plafonds suivants :

  • 82 800 € pour les activités de vente,
  • 33 200 € pour les activités de service.

Afin de vous assurer que ce régime est vraiment avantageux pour vous, utilisez un simulateur. Le montant des charges sociales et fiscales correspondant au régime micro-social, et celles issues du régime réel d’imposition, y sont comparées.

Investir aujourd’hui des supports pour votre futur

Le PERP

La retraite suscite toujours quelques appréhensions en tant qu’indépendant. En choisissant un PERP (Plan Epargne Retraite Populaire) ou Loi Madelin, votre avis d’imposition est allégé et vous pouvez vous constituer un patrimoine pour le futur.
Comment ça marche ? Vous mettez de l’argent de côté afin d’anticiper votre retraite, et déduisez de votre bénéfice - soumis à imposition - une partie de l’argent que vous placez. Ce capital sert de pension complémentaire au moment de votre retraite.
D’ailleurs, si votre taux d’imposition est élevé, le PERP vous aide à le réduire en se basant sur une diminution de la totalité de votre bénéfice imposable. Cette mesure s’avère attractive essentiellement à partir de 40 000 € bruts environ par an si vous êtes seul, ou 80 000 € si vous êtes deux.

L’assurance vie

C’est un autre moyen pour faire fructifier votre patrimoine tout en étant moins taxé. Puisque des abattements fiscaux s’appliquent sur les plus-values de vos capitaux investis.
La fiscalité dépend tout de même de la date de souscription de votre contrat :

  • Cas 1. Si votre contrat date d’avant 1983, les intérêts générés sont exonérés de l’impôt sur le revenu, mais pas de prélèvements sociaux.
  • Cas 2. S’il a été ouvert entre 1983 et 1997, l'exonération est fonction de la date de retrait du capital (intégral ou en partie), et de la durée du contrat :
    - entre 0 et 8 ans : Pas d’exonération de l’impôt sur le revenu,
    - au-delà de 8 ans : Exonération des primes versées avant 1998, avec un impôt sur le revenu qui prend effet sous forme d’un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule (ou 9 200 € pour un couple).
  • Cas 3. S’il a été ouvert à partir 1997, sa défiscalisation varie suivant sa durée :
    - moins de 4 ans : Impôt sur le revenu suivant un barème progressif, ou sur option prélèvement forfaitaire libératoire de 35 %,
    - entre 4 et 8 ans : Impôt sur le revenu suivant un barème progressif, ou sur option prélèvement forfaitaire libératoire de 15 %,
    - après 8 ans : Impôt sur la plus-value avec un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule (ou 9 200 € pour un couple), ou sur option prélèvement forfaitaire libératoire de 7,5%.
  • Cas d’exception. Votre assurance vie peut être totalement exonérée d’impôt - sans condition de durée du contrat - si vous devez le rompre pour les motifs suivants, valables pour votre conjoint ou vous :
    - licenciement,
    - retraite anticipée,
    - invalidité de 2ème ou 3ème catégorie selon la catégorisation de la Sécurité sociale,
    - cessation d’activité non salariée faisant suite à une liquidation judiciaire.

Conclusion : ces quelques conseils viendront adoucir votre imposition. Vous pouvez aussi faire appel à des experts qui vous assisteront dans vos démarches administratives, et vous feront gagner temps et argent.