Colette, élève en classe de première à la cité Lakanal de Sceaux, est élue éco-déléguée sans interruption depuis la cinquième !
Comment s’est passée l’élection cette année ?
Nous avons eu un afflux de candidats assez inhabituel, avec trois binômes en compétition dans ma classe. C’est un chiffre assez impressionnant. Quand j’étais en cinquième, la première année, il y avait seulement une dizaine d'éco-délégués à Lakanal. Aujourd’hui, nous sommes une centaine. Notre binôme a failli être battu au premier tour. Nous avons pris la parole devant la classe et je pense que c’est mon expérience d’éco-déléguée qui a joué en ma faveur.
Les non-élus sont déçus ?
Pas tant que ça car au final, c’est leur motivation qui compte. Quoi qu’il arrive, il y a toujours de la place pour les élèves volontaristes, ils peuvent tout à fait rejoindre les réunions et participer aux actions. Je note d’ailleurs que beaucoup d’éco-délégués sont aux abonnés absents et ne participent pas aux réunions. Cela leur fait une ligne de plus sur leur CV Parcoursup mais ils ne s’investissent pas. Le noyau des éco-délégués actifs est assez réduit.
Qu’est-ce qui vous motive ?
On ne peut plus ignorer l’écologie, notre planète est en danger. Ce qui me motive, c’est avant tout la sensibilisation aux questions d’environnement et de réchauffement climatique. Je préfère être dans l’action. Parmi les élèves, beaucoup s’en fichent, d’autres sont résignés sur le mode C’est foutu, on va tous mourir.
Avez-vous marché pour le climat ?
Pas encore mais c’est une action qui me tente.
Quel regard portez-vous sur les jeunes activistes ?
Il faut faire attention à ce que les actions ne soient pas contre-productives. Bloquer le périphérique, pourquoi pas, si l’on est capable de très bien expliquer pourquoi on le fait. L’essentiel à mes yeux est d’arriver à une prise de conscience généralisée des enjeux environnementaux.
Quel genre d’actions vous plaît ?
Les actions de sensibilisation, par voie d’affichage ou d’actions concrètes. Récemment, nous avons installé des tables de troc où les élèves déposent ce qu’ils n’ont pas mangé à la cantine et où chacun peut se servir. Nous avons aussi organisé des séances de ramassage des mégots dans le coin des fumeurs et installé des cendriers ludiques. Nous sommes aussi impliqués dans la rénovation du bâtiment scientifique, qui est une passoire énergétique. Nous allons bientôt organiser une visite avec des caméras thermiques qui permettront de détecter les déperditions de chaleur.
Quel est le rôle de la référente développement durable dans la Cité scolaire ?
Elle est très présente et a beaucoup d’idées, pour la Cité et au-delà. Elle crée des sondages, anime le groupe… Elle est souvent à l’origine des actions. La Cité est actuellement classée en niveau 2 de l’E3D, l’objectif est d’atteindre le niveau 3. Ce serait une reconnaissance de toutes les actions que nous avons menées et peut-être un moyen d’obtenir des subventions. Nous avons ainsi travaillé avec Vétérinaires sans Frontières qui nous a formés à la thématique du chocolat équitable. Nous pouvons ainsi nous rendre dans les écoles alentour pour sensibiliser les petits écoliers.
Avez-vous proposé des actions qui ont été refusées ?
Ce n’est jamais un « non » définitif. Nous avons voulu installer des ruches dans le parc pour favoriser la pollinisation mais les profs de SVT ont alerté sur le risque de cohabitation entre abeilles sauvages et domestiques. La solution pourrait être de créer une barrière de végétaux pollinifères, ce qui demande du temps. Nous voudrions aussi développer les menus végétariens à la cantine mais beaucoup d'élèves y sont fermement opposés. Nous avons lancé un sondage pour creuser la question. Beaucoup de projets en stand-by, donc !