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La semaine du goût à l'école
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La semaine du goût à l'école

Depuis 1990, la Semaine du Goût© propose chaque année une série de manifestations pédagogiques et ludiques autour de la cuisine. Il s'agit de transmettre une hygiène dans les comportements alimentaires dont les problèmes d'obésité de plus en plus nombreux prouvent qu'elle est devenue une priorité éducative.

L'Éducation nationale affiche la couleur : " L'école assure une éducation à la nutrition en expliquant la nécessité de la diversité alimentaire, et une formation du goût en multipliant les occasions de découverte ". Il s'agit d'apprendre aux enfants à bien se nourrir tout en les initiant à la diversité des saveurs.
L'éducation à la nutrition fait partie de l'éducation à la santé. Les cantines scolaires représentent un des lieux les plus importants où peut se transmettre cette éducation (voir la fiche Restauration collective : des règles à respecter). La question est également abordée dans le cadre des enseignements, en particulier dans les programmes de l'école primaire.

En cycles 1 et 2, les enseignants mettent l’accent sur l'importance de la régularité des repas et de la composition des menus.
En cycle 3, ils enseignent les comportements alimentaires bénéfiques (ex : prendre un bon petit-déjeuner le matin avant de partir à l'école) ou nocifs (ex : grignotages intempestifs et irréguliers entre les repas).

Les visites médicales effectuées par l'infirmière scolaire constituent également un moment privilégié de transmission de ces informations.
Mais la nourriture n'est pas qu'une question de diététique et de nutrition. La dimension " plaisir de manger " n’est pas négligeable et peut même être un atout dans l’éducation à la nutrition. La Semaine du Goût, qui se déroule chaque année au mois d'octobre, peut être l'occasion idéale de cette rencontre heureuse entre plaisir des papilles et équilibre calorique et nutritionnel.


Un outil de lutte contre l'obésité

L’intérêt pédagogique de cette Semaine est renforcé par l'apparition d'une nouvelle pathologie liée à de mauvaises habitudes nutritionnelles : l'obésité, et en particulier l'obésité juvénile.
Le sociologue Jean-Pierre Poulain parle même à ce sujet d'une " épidémie mondiale ".

L'Éducation nationale, dans sa circulaire du 1er décembre 2003, en a fait l’un des axes de son programme quinquennal de prévention et d'éducation de la santé des élèves. Les problèmes de surpoids ou d’obésité touchent en effet aujourd’hui plus de 10 % des enfants de 5 à 12 ans et 13,4 % des adolescents.

Des actions éducatives spécifiques

Dans la circulaire du 25 juin 2001 consacrée à la restauration scolaire, le ministère invite les établissements à organiser des actions éducatives spécifiques autour de la question de l'alimentation. Il serait souhaitable d'organiser autour de l'alimentation des animations dont les grands axes pourraient être :

  • d'éduquer le goût des élèves, valoriser le patrimoine culinaire et promouvoir des produits de bonne qualité gustative et nutritionnelle ;
  • de mettre en avant un vocabulaire précis concernant les saveurs, surtout auprès des enfants qui font des confusions, afin qu'ils soient capables de définir clairement leurs sensations ;
  • d'expliquer les secrets de fabrication des aliments et leur composition ;
  • de déguster des spécialités de pays ;
  • de découvrir les odeurs, les épices et les essences.

" Il importe d'impliquer tous les personnels de l'école ou de l'établissement ainsi que les familles dans cette démarche d'éducation ".

" Il est en particulier recommandé d'utiliser le temps d'interclasse de midi pour organiser des ateliers d'expression artistiques et culturels consacrés à l'éducation du goût, avec le concours possible d'intervenants extérieurs qualifiés, sans que cela ne conduise à écourter le temps de la prise alimentaire. Ces actions peuvent être également développées à d'autres occasions de la vie scolaire dans le cadre du projet d'école ou du projet d'établissement, lors des cours ou à l'occasion d'activités ou d'animations diverses ".

Si aucun texte officiel n'oblige les établissements scolaires à participer à la Semaine du Goût, il est clair que cette manifestation peut utilement être intégrée à la programmation scolaire.

Historiques

Initiée en 1990 par Jean-Luc Petitrenaud, journaliste et critique gastronomique, il s'agissait à l'époque de la Journée du Goût. La première eut lieu à Paris, place du Trocadéro : 350 chefs donnèrent leurs premières " leçons de goût " à des élèves de CM1 et CM2 de différentes écoles parisiennes.

En 1992, la journée est devenue semaine et la manifestation parisienne est devenue nationale. En 1992, 30 000 élèves étaient concernés : ils étaient 90 000 en 1997. En 2002, le cap des 5 000 " leçons de goût " était atteint, puis dépassé (6 200 en 2005).

« En 2013, la 24ème édition, ça a été 2000 Ateliers du Goût, 5000 Leçons du Goût... »

Quelques exemples

À chaque établissement, à chaque classe d'imaginer sa Semaine du Goût. Quelques exemples :

  • La leçon de goût©
    Un chef vient dans l'école et donne une " Leçon de goût© ", grandeur nature, avec les élèves. Les enseignants de CM1 ou CM2 sont invités à prendre directement contact avec un professionnel et de l'inciter à s'inscrire sur le site de la semaine du goût. Il recevra un kit gratuit comprenant des fiches pédagogiques (réalisées en collaboration avec le Centre national de documentation pédagogique) et divers accessoires ludiques (toques, diplômes...).
  • L'atelier du goût
    Un Atelier du goût est une animation à caractère pédagogique qui a pour objectif d’initier petits et grands au goût et aux différentes saveurs (" papilles du goût ", " apprendre le goût ", " le goût des autres "... ). Là encore, on peut s'inscrire dans la première quinzaine de septembre de façon à être intégré au calendrier national de la manifestation.
  • Cuisine sauvage
    Une rencontre inattendue entre plantes et fleurs sauvages cueillies dans les bois ou les prés et préparations culinaires faites à partir d'elles. Gâteaux, crèmes, sirops originaux peuvent ainsi être créés avec les enfants. Des recettes nombreuses et surprenantes existent sur le blog Cuisine sauvage ou le site La cuisine sauvage.
  • Goûters gourmands
    En vous associant avec le pâtissier du quartier, des parents gourmets et bons cuisiniers ou, plus simplement, avec le cuistot de la cantine, réalisez des " goûters gourmands " dans l'école qui peuvent être partagés au moment de la récréation de l'après-midi.
  • Visites gourmandes
    Des visites peuvent également être organisées avec la classe : se lever à 5 heures du matin pour aller préparer le pain chez un boulanger, suivre la préparation d'un repas dans un restaurant, aller faire un marché avec un restaurateur qui expliquera comment il choisit ses ingrédients... Pensez aussi à la spécificité locale de votre région qui offre souvent des spécialités gastronomiques.

Notre point de vue d'assureur

L'éducation au goût et à une bonne alimentation ne doit pas s'arrêter à la fin de la Semaine du Goût. Si celle-ci marque un temps fort, elle doit servir à attirer l'attention des élèves sur une préoccupation qui doit courir toute l'année. Comme elle se déroule en début d'année scolaire, on peut s'en servir pour expérimenter des actions qu'on pourra ensuite reproduire ou pérenniser au sein de l'établissement.

Solution MAIF

Le contrat des écoles et d'établissement de la MAIF garantit automatiquement les intervenants extérieurs (cuisiniers, pâtissiers, charcutiers...) reçus dans l'établissement pendant la Semaine du Goût (et le reste de l'année...). Les sorties scolaires sont également prises en charge, ce qui permet aux classes de se déplacer pour aller visiter des sites gastronomiques ou culinaires (restaurant, fabrique, atelier, ferme, pleine nature pour le ramassage ou la cueillette de produits sauvages...). L'intoxication alimentaire dont les élèves auraient la malchance d'être victimes au cours de ces activités est également garantie.