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MES PREMIERS ÉLÈVES A TROUBLES COGNITIFS

Comme le précise le site Eduscol : « Face aux troubles des apprentissages, il n'y a pas de réponse commune, chaque enfant est unique. Ces troubles peuvent être liés à une dyslexie/dysorthographie, une dyspraxie, une dyscalculie, un TDAH (trouble de l'attention avec ou sans hyperactivité), à des troubles des fonctions exécutives (trouble de la planification, du traitement séquentiel, et de la mémoire de travail) » ou encore à un TSA (trouble du spectre de l’autisme). Dans le second degré, plus de 36% des élèves présentent des troubles des fonctions cognitives. Les conseils pratiques ci-dessous vous aideront à la fois à entrer en relation avec ces élèves, mais aussi à trouver votre place dans l’environnement aidant qui se construit autour d’eux.

jeune enseignant

Conseils pratiques

  • S’inscrire dans un écosystème d’aide

    Un élève qui n’a pas de trouble cognitif particulier est déjà en relation avec un grand nombre d’acteurs : camarades, parents, autres professeurs, personnels ressources de l’établissement, etc. Plus ces personnes se coordonnent et plus l’élève évolue dans un environnement favorable à ses apprentissages. C’est encore plus vrai pour un élève à troubles cognitifs : les besoins sont plus grands et le nombre d’acteurs plus important.

     

    Identifier les acteurs « aidants »

    Rencontrez les parents. Aucun adulte ne connaît mieux l’élève ! Il faut bien entendu les écouter, considérer leurs propositions, mais aussi garder une distance vis-à-vis des éléments qu’ils vous partagent. Votre réponse éducative aux besoins de l’élève passe également par des connaissances plus « neutres » sur sa situation, obtenues auprès de professionnels.
    Échangez des informations avec l’enseignant référent de l’élève. Il a sûrement déjà constitué un projet personnalisé de scolarisation (PPS) qui va vous aider à orienter votre action.
    Identifiez et coopérer avec les professionnels non enseignants. Pour entourer l’élève, le conseiller principal d’éducation, la direction de l’établissement, l’infirmier, le médecin et le psychologue scolaires sont autant de ressources sur lesquelles s’appuyer. L’élève bénéficie parfois d’un auxiliaire de vie scolaire (AVS) ou d’un accompagnant des élèves en situation de handicap (AESH). AVS et AESH ont le même rôle, leur nom diffère par le mode de recrutement. Les professionnels hors milieu scolaire qui accompagnent certains enfants (orthophoniste, psychomotricien, ergothérapeute, psychologue...) peuvent partager de précieux conseils et aider à mettre en place des adaptations concrètes.
    Prenez place au sein de l’équipe de suivi de la scolarisation. Cette équipe est constituée de toutes les personnes déjà mentionnées : parents, enseignants en charge de l’élève, etc.
    Communiquez avec vos collègues ! Par mail ou informellement à la machine à café, toutes les occasions sont bonnes pour évoquer un comportement que l’on ne comprend pas ou récupérer une piste pour mieux inclure l’élève.
    Ciblez vos interlocuteurs. La nature des informations échangées demande du discernement. Ne partagez pas tout avec tout le monde. Évitez les emails à « tout-prof » par exemple et demandez-vous toujours : « Est-ce utile que ces collègues soient mis au courant ? ».

     

    Connaître les dispositifs réglementaires
    Distinguez les divers troubles cognitifs. Les troubles des apprentissages comportent par exemple les troubles « DYS » mais aussi ceux de l’attention et du comportement (TDAH). Les TCC (troubles des conduites et des comportements) combinent difficultés psychologiques, personnelles et sociales et peuvent générer chez l’élève des comportements inappropriés, voire violents. Enfin les troubles envahissants du développement (TED) sont caractérisés par la « triade autistique » : un déficit des interactions sociales, des comportements répétitifs et un traitement sélectif des informations.
    Appropriez-vous l’esprit de la loi pour l’égalité des droits et des chances. « Le droit à l'éducation pour tous les enfants, quel que soit leur handicap, est un droit fondamental ». Deux notions principales : celle d’accessibilité (permettre à tous les enfants d’accéder à l’apprentissage à l’école) et celle de compensation (mettre en place des dispositifs individualisés pour compenser les handicaps).
    PAI, PPRE ou PAP ? Faites le tri ! Alors que le PAI (plan d’accompagnement individualisé) vient en aide aux élèves malades, le PPRE (programme personnalisé de réussite éducative) est proposé aux élèves en difficulté scolaire. Le PAP (plan d'accompagnement personnalisé) est quant à lui réservé aux élèves dont les difficultés scolaires sont dues à un trouble des apprentissages.
    Renseignez-vous sur la prise en charge des élèves en situation de handicap via le PPS. Lorsque les troubles cognitifs sont importants, la prise en charge de votre élève s’organise autour du projet personnalisé de scolarisation (PPS). La maison départementale des personnes handicapées (MDPH) accompagne la famille dans l’évaluation de la situation et élabore le PPS. Vous intégrerez alors l'équipe de suivi et de scolarisation, coordonnée par un enseignant référent. Identifiez-le !
    Appuyez-vous sur le livret scolaire unique. Outil de suivi individualisé des compétences, ce livret vous aide en particulier à situer les apprentissages de votre élève à troubles cognitifs.

     

    Cibler son rôle et ses limites

    Vous êtes enseignant. Des enseignants spécialisés ont obtenu le CAPPEI (certificat d'aptitude professionnelle aux pratiques de l'éducation inclusive). Mais tout comme eux, on ne vous demande pas d’avoir la science infuse quant à la prise en charge des élèves à besoins spécifiques !
    Vous êtes un élément d’un système d’aide coordonné. À votre échelle et avec vos moyens, inscrivez-vous dans l'équipe de suivi de scolarisation de l’élève. L’accompagnement sera réussi si chaque acteur agit au mieux dans son domaine ET si les actions sont communiquées et coordonnées. Échangez notamment avec les autres collègues qui accueillent l’élève dans leur classe.
    Préférez les échanges via le professeur référent. S’il est intéressant d’échanger avec la famille sur l’activité de l’élève dans sa classe, la multiplication des interlocuteurs peut complexifier la coordination de l’aide apportée à l’élève. En communiquant avec le professeur référent, celui-ci pourra centraliser les remarques puis les traiter avec la famille. La réponse apportée par l’équipe éducative gagnera en cohérence et en efficacité.
    Placez-vous dans une démarche de recherche. Les outils et conseils collectés auprès de chacun sont autant de pistes pour améliorer votre action éducative auprès de l’élève en situation de handicap. N’ayez pas peur d’essayer, d’expérimenter… et de vous tromper ! Engagez les échanges avec l’élève pour vous aider à déterminer ce qui lui convient le mieux.

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4 outils numériques pour faciliter les apprentissages des élèves à troubles cognitifs.

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