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Organiser une kermesse
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Organiser une kermesse

Souvent associée aux fêtes paroissiales ou scolaires, la kermesse est aussi un bon moyen pour les associations d'organiser un moment convivial de rencontre et de promotion de leurs activités.

La kermesse peut, dès lors qu'elle aura été préparée avec une certaine rigueur, générer des ressources financières supplémentaires.
Elle est une manifestation soumise à plusieurs règlementations, afférentes à ses différentes caractéristiques et composantes.

La règle des six manifestations exonérées dans l'année

Toute association légalement constituée, gérée de manière désintéressée, exerçant des activités non lucratives ou des activités à caractère social, éducatif, culturel ou sportif réservées à ses membres, est exonérée d’impôts commerciaux (TVA, impôt sur les sociétés et taxe professionnelle) pour les recettes tirées de l’organisation, à son profit, de six manifestations dans l’année (articles 206-1 bis et 261-7-1°c, du Code général des impôts).

Les salaires des personnes employées à l’occasion de ces seules manifestations sont également exonérés de la taxe sur les salaires. L’exonération s’applique aux recettes encaissées et aux subventions accordées par les communes pour la manifestation. L’exonération concerne les manifestations exceptionnelles de bienfaisance et de soutien, organisées en vue de procurer à l’association organisatrice des moyens financiers supplémentaires pour lui permettre de réaliser son projet. Mais les animations proposées à ces occasions doivent être différentes de l'objet statutaire de l'association.

Une manifestation, plusieurs animations

Néanmoins, la manifestation exceptionnelle ne doit pas nécessairement comporter une seule animation, l’important étant que les manifestations prennent place dans un même lieu et dans une unité de temps ramassé, une soirée et la journée qui suit ou deux journées d’affilée. La kermesse sera donc bien considérée comme une seule et unique manifestation, en dépit de ses nombreuses animations.

Reste à trouver lesquelles sauront attirer le public le plus large. S'il s'agit de faire preuve d'un minimum d'imagination, les grands classiques font toujours recette, comme les jeux d’adresse (tir, équilibre...) ou physiques (courses, force...). Parmi ceux-là :

  • L'inévitable " jeu de massacre " où il faut atteindre avec un projectile une cible représentant un personnage, ou un empilement de boîtes de conserve.
  • La " pêche magique " consistant à récupérer, avec une canne, des objets flottant dans une bassine, ou emballés dans du papier journal.
  • Les concours divers comme le tir à la corde, la course en sac, " la pêche à la pomme " et autres joyeusetés.

Autant de jeux facile à mettre en œuvre et ne nécessitant pas trop de moyens. L'environnement aidant, il sera possible de greffer des animations tels qu'un manège à poneys si un centre équestre n’est pas trop loin, ou un stand maquillage pour les petits...

Attention, les jeux de hasard restent en principe prohibés. Dans tous les cas, le jeu ne doit pas présenter de caractère de dangerosité, il doit être accessible à tous, grands et petits, et ne doit coûter cher ni à l’organisateur ni aux participants.

Les lots

Contrairement aux lotos et tombolas, pour lesquels les lots sont a priori alléchants, la kermesse n’a pas besoin de mettre en jeu des lots de grande valeur… Le lot gagné est en général symbolique, le public ne venant pas pour gagner mais pour passer un bon moment. Quelques babioles, de petits jouets peu chers, éventuellement des objets promotionnels fournis par les associations organisatrices font parfaitement l’affaire.

Certaines entreprises sont spécialisées dans la fourniture de ce genre d’objets, il est possible d'écumer les magasins de déstockage ou autres liquidateurs pour trouver poupées, peluches et autres jouets pour quelques centimes d’euros, avec même parfois une remise sur les grosses quantités.

N'hésitez pas non plus à solliciter les commerçants de proximité et les grandes surfaces qui pourront contribuer à votre fête sous forme de dons. Il est souvent préférable de faire gagner systématiquement une babiole prévue en grande quantité que quelques objets difficiles à obtenir, ce qui aurait pour effet de lasser rapidement les participants (les enfants) et les payeurs (les parents) ! Au lieu de gagner le lot directement, le système des " bons points ", valables pour une boisson, une pâtisserie ou un gadget, est une bonne alternative. Pour rappel, il est interdit de mettre en jeu des animaux vivants (chapitre II de la loi n° 76-629 du 10 juillet 1976 relative à la protection de la nature).

Installation

Évidemment, prévoir le nombre et le type de jeux que l'association souhaite mettre en place ne suffit pas. Une réflexion et une organisation préalables s'imposent pour le matériel (barrières de sécurité délimitant les jeux…) et les stands (que les services techniques de la commune fournissent parfois). Les kermesses se déroulant généralement en extérieur, le lieu choisi devra offrir la surface suffisante à l'ensemble des animations. Il s'agit de prévoir et d'aménager de telle sorte que les animations soient d'un accès facile (les parents doivent pouvoir admirer leurs enfants sans gêner l’accès) et que le public puisse circuler aisément sans piétiner les pieds voisins.

Si l'espace est assez grand, un point d'information central ne sera pas inutile. Il sera un point de chute pour recueillir -et consoler- les enfants perdus. De même, un matériel de sonorisation servira autant pour ce type d'annonce que pour diffuser un fond musical. Il faudra évidemment prévoir les CD en conséquence, auquel cas il s'agira de ne pas oublier les déclarations et les paiements à la Sacem pour les droits d’auteur. Enfin, tout le matériel nécessaire à la mise en place de chacune des animations devra consciencieusement être prévu et être fiable. Une course en sac sans sac perd un peu de son charme.

Des sanitaires doivent être accessibles par le public. Et un coin pour s'asseoir à l'ombre, en été, ou pour s'abriter si le soleil n'est pas de la partie. Enfin, la buvette est le stand qui a souvent le plus de succès (attention toutefois à ne pas oublier la réglementation liée à l’ouverture d’un débit de boisson temporaire).

En tout état de cause, la mise en place d'une kermesse ne nécessite finalement pas de démarche très particulière. Si elle s’installe sur la voie publique, comme pour toute manifestation, il faudra au préalable avoir obtenu les autorisations, tant auprès de la municipalité que de la préfecture (notamment en cas de détournement de la circulation).

Notre point de vue d'assureur

Avant la tenue de la kermesse, il faudra impérativement, après avoir scrupuleusement évalué l'ensemble des risques d'accidents qui pourraient survenir, relire toutes les clauses du contrat avec l'assureur afin de vérifier que des extensions de garantie ne sont pas nécessaires. Il s'agira de penser, notamment aux choses suivantes :

  • La kermesse s’adresse prioritairement à un public d’enfants. Public rarement calme et docile, sujet aux débordements en tout genre... Il faut donc s'attendre à ce qu’ils ne fassent pas attention aux risques que leur agitation peut leur faire courir.
  • Les jeux ne doivent pas présenter de caractère de dangerosité, et les lieux doivent être sûrs. L'association a une obligation de sécurité qui engage sa responsabilité.
  • Une inspection scrupuleuse des lieux est indispensable. Ne pas choisir un pré criblé de trous ou d’énormes mottes de terre, ou encore de bouts de verre, cailloux... Par ailleurs, il est raisonnable de prévoir une équipe d’encadrants, chargée de contrôler et superviser les jeux les plus à risques. Pour les installations, il s'agit de prendre garde à ne pas laisser courir des fils électriques ni traîner des montures de stands. Dans tous les cas, que la kermesse se déroule sur la voie publique ou dans un lieu privé, les services de sécurité devront avoir été prévenus.
Solution MAIF

Le contrat MAIF Raqvam Associations & Collectivités garantit l’ensemble des risques relatifs à l’organisation d’une kermesse, sans déclaration préalable.