#ÇaYestJeSuisProf

MON PREMIER CONFLIT

Il est tout à fait normal, incontournable même, qu'un conflit apparaisse, un jour ou l'autre, entre un élève et un enseignant. Cela fait partie de toute éducation, comme l'erreur fait partie de tout apprentissage. On peut néanmoins s'y préparer, apprendre à réagir face au conflit, à en gérer les conséquences, mais aussi savoir ce que l'on a le droit ou non de faire, qui peut nous aider, et surtout...  comment faire en sorte que cela arrive le moins possible ! Voici quelques idées dans lesquelles piocher.

jeune enseignant

Conseils pratiques

  • Gérer l'urgence

    Un des principaux aspects du conflit élève-enseignant est son immédiateté, son urgence. Parfois issue d'une montée en puissance progressive, parfois instantanée, l'altercation en classe met l' enseignant en difficulté. Elle vient bousculer les règles, l'ordre et les postures établis. Elle met à l'épreuve tout un ensemble de compétences de l'enseignant : le self-control, l'écoute, l'empathie, la gestion de groupe, l'analyse de la situation de classe et la connaissance du cadre réglementaire des procédures disciplinaires. Même expérimenté, un enseignant se confronte régulièrement à de nouvelles situations et doit improviser ; ce qui ne signifie pas faire n'importe quoi mais plutôt composer rapidement la « moins mauvaise solution » face au problème posé.

     

    Faire redescendre la pression
    • Cherchez à dompter vos propres émotions. Chaque enseignant a un seuil de tolérance au bruit, aux provocations, à l'opposition qu'on lui montre. Ce seuil peut même varier pendant la journée. Vous n'êtes pas une machine. Il faut en tenir compte quand la moutarde vous monte au nez !
    • Pensez aux émotions de l'élève. En effet, lui aussi porte un affect lié à des situations passées (mauvaise note au cours précédent, mauvaise nouvelle ou souffrance familiale...) sans rapport avec le conflit qui éclate.
    • Distinguez ce qui est lié à un rapport de compétition (ne pas « perdre » la face, « gagner » la partie) et ce qui est un manquement aux règles établies. Plus vous attacherez de l'importance à la façon de répondre de l'élève (attitude, ton, vocabulaire), plus vous augmenterez cette compétition, sans lien nécessairement avec le problème de départ.
    • Pour cela, proposez-vous un délai dans votre réponse afin d'y voir plus clair.
    • Respectez l'élève coûte que coûte. C'est une façon d'imposer soi-même le respect et un argument fort pour le demander.
    • En cas extrême de mise en danger de l'intégrité physique, la vôtre ou celle d'un élève, évitez le confinement, ouvrez la porte, proposez à l'élève violent de se calmer dehors, tout en signalant l'incident à la vie scolaire. L'aide extérieure à la classe sera la bienvenue !
    • Enfin, pensez l'exclusion de cours comme un cas exceptionnel où toute autre forme de résolution a échoué. Renseignez-vous bien sur le dispositif de prise en charge de l'élève par votre établissement dans ce cas. N'oubliez pas que si l'exclusion permet de mettre fin au conflit immédiat, elle ne le résoudra pas pour autant.

     

    Lâcher prise et accepter d'être déstabilisé

    Un établissement scolaire est un monde à part entière, avec ses codes, son histoire et ses locataires. Les élèves arrivent, grandissent, partent, d'autres arrivent... Les adultes restent majoritairement plus longtemps, garantissant une certaine continuité, une culture d'établissement que l'on appréhende avec le temps. Il n'est donc pas possible de tout maitriser d'un coup et d'obtenir des réponses immédiates à toutes vos questions. Mais en s'appuyant sur l'équipe pédagogique, en acceptant de faire parfois quelques erreurs, on peut intégrer progressivement les gestes professionnels principaux pour une année scolaire réussie et formatrice.

     

    Maintenir une conscience de la classe dans son ensemble
    • Privilégiez si possible l'activité pédagogique qui est en train de se dérouler pour une majorité des élèves. Donnez-leur un peu plus d'autonomie pour pouvoir régler le conflit sans impacter l'ensemble de la classe.
    • Si ce n'est pas possible, sortez de la dualité « enseignant vs élève(s) » qui est en train d'être observée par l'ensemble des autres élèves. Vous êtes en charge de l'ensemble de la classe et chaque camarade observe le conflit se dérouler. Soyez-en conscient.
    • Faites entrer la notion de justice. Qu'on le veuille ou non, les autres élèves analysent l'altercation, se forgent une opinion sur les différentes réactions et sont attentifs à la justice des échanges et de vos décisions. Vous pouvez alors parfois vous appuyer dessus : demandez l'avis de la classe sur la situation, au regard des règles établies.

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