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Les dangers des écrans
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enfants avec des téléphones portables

MAJ novembre 2020

Dans notre société, le monde numérique est omniprésent. S’il suscite de l’intérêt par les perspectives pédagogiques et récréatives qu’il ouvre, il est simultanément source d’inquiétudes chez les enseignants, les parents et les acteurs de santé.

Les risques identifiés

Depuis la loi du 3 août 2018 relative à l'encadrement de l'utilisation du téléphone portable dans les établissements d'enseignement scolaire, l'utilisation des téléphones mobiles est interdite dans l'enceinte des écoles et des collèges. Le lycée peut interdire leur usage, via le règlement intérieur, dans tout ou une partie de l'enceinte de l'établissement ainsi que pendant les activités se déroulant à l'extérieur de celle-ci. Ce cadre juridique vise à sensibiliser les élèves à l'utilisation raisonnée des outils numériques et à la vie collective de l'établissement. Les téléphones portables sont ainsi éteints et rangés. Il appartient à chaque établissement de déterminer les modalités pratiques pour assurer le respect de la loi.

Sans céder à la panique face au monde numérique, il s’agit de mieux comprendre l’impact des écrans (télévision, ordinateur, console ou téléphone portable) au cours de la vie de l’enfant. La confrontation aux mondes virtuels et le vécu émotionnel qui y est associé sera différent selon son stade de développement. Au fur et à mesure qu’il grandit et s’il est accompagné dans ses découvertes, il sera de plus en plus outillé pour faire face aux contenus qu’il perçoit. En 2016, 93 % des 12-17 ans disposaient d’un téléphone portable, contre 72 % en 2005, selon le baromètre du numérique établi par l’Arcep, l’Autorité de régulation des communications. Selon des données scientifiques, le temps passé devant un écran est corrélé à une forme physique moins bonne et à des problèmes de santé mentale et de développement social. Une pratique excessive peut avoir des conséquences sur le développement du cerveau et de l’apprentissage des compétences fondamentales. Les enfants surexposés ont plus de risques de souffrir d’un retard de langage que les autres. Les capacités d’attention et de concentration sont aussi perturbées. Par exemple si l’enfant se trouve dans une pièce avec la télévision allumée sans qu’il la regarde. Selon Serge Tisseron, psychiatre et docteur en psychologie, il est important de cadrer et d'accompagner les enfants, de tout âge face aux écrans. Il a ainsi développé un programme d'introduction progressive et raisonnée des écrans dans la vie de l'enfant intitulé « 3-6-9-12, maîtrisons les écrans ».

Un guide pratique

Dans une enquête parue lors de la publication du « Guide de la famille tout écran », réalisé par le CLEMI (Centre de liaison de l'enseignement et des médias d'information), 78 % des parents souhaitaient un renforcement de l’éducation aux médias à l’école et 83 % attendaient une sensibilisation plus forte des pouvoirs publics aux dangers d’internet. Le guide, gratuit et complet, regroupe des éclairages utiles, des conseils pratiques et de nombreuses ressources pour toute personne intéressée par l'éducation aux médias et à l'information. Il s'agit d'aider les jeunes à comprendre l’actualité et à prendre du recul par rapport aux écrans et à tous les messages diffusés. Un guide d'accompagnement existe pour les animateurs, médiateurs et enseignants.

Prévention

La limitation du temps d’exposition des jeunes aux écrans et le dialogue restent les meilleurs options pour les accompagner dans leurs usages d'internet. Il est également devenu un objectif partagé par plusieurs politiques publiques – éducation et réussite scolaire, prévention sanitaire et soutien aux familles. Tout est donc question de dosage et d’un meilleur usage pour minimiser les dangers. Une pratique qualifiée et encadrée pose par conséquent les bases d’un apprentissage sain via les écrans. Ce rôle d’éducateur au numérique n’est pas seulement celui des parents, c’est aussi celui de la sphère éducative. Les EPLE ont par conséquent une responsabilité collective d’éducation aux médias. Dans un monde où la circulation du savoir est un enjeu, il est essentiel d’apprendre non seulement à exercer son esprit critique, à explorer sa crédulité et à comprendre les ressorts des manipulations. Les élèves pourront devenir plus facilement des acteurs, voire des créateurs de contenus. Ils ne seront plus de simples consommateurs.

Sources de connaissances

Les pratiques numériques des jeunes sont souvent abordées uniquement par ce qu’elles peuvent receler de dangereux (cyberharcèlement, violence sur internet, pornographie…). Or le numérique constitue également un formidable outil éducatif et créatif. La lecture numérique est un vecteur d’échanges et d’apprentissage à part entière, au même titre que la lecture papier. Comme le précise l’Académie des Sciences dans son rapport de 2013 sur « l’enfant et les écrans » : l’évolution numérique a des effets positifs considérables en améliorant l’acquisition des connaissances et des savoir-faire, mais aussi en contribuant à la formation de la pensée et à l’insertion sociale des enfants et des adolescents. Évidemment, il convient de rester vigilant pour qu’une pratique excessive chez le jeune ne devienne pas pathologique à l’âge adulte.

Point de vue de l'assureur

Il est évident que n'importe quel écran pose la question de l'éducation au-delà du simple cercle familial. Le rôle de l'institution scolaire apparaît alors dans toute sa dimension : éduquer et instruire. Les EPLE ont donc pour mission d'apprendre à tous les enfants à se servir plus intelligemment des outils numériques.