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Découvrez les 5 nominés 2015

Le jury du Prix MAIF 2015 a nominé 5 artistes plasticiens ayant proposé un projet pour le bronze. Ces artistes ont réalisé un modèle à l'échelle 1 de leur projet.  Découvrez ci-dessous les cinq projets nominés.

R.A.F (Résidence pour Artistes Fatigués) : Fiction labellisée sous le signe R.A.F, l’œuvre de Jennifer Caubet réhabilite un bunker de la côte landaise en maison de repos pour artistes fatigués. Immergé à marée haute, le bunker de Jennifer Caubet devient une île refuge, un espace de repli, de protection et de survie. Une forme de captivité pour ses résidents qui se retrouve associée à un espace de détente, de contemplation et de spiritualité. L’œuvre s’envisage comme un espace de projection et incarne dans sa physionomie même, tensions et paradoxes. Dans un dialogue entre architecture et sculpture, l’œuvre se revendique tant de l’utopie que du questionnement social sur le statut d’artiste aujourd’hui.

Dimensions de l'œuvre : 76 x 76 x 36 cm
Modélisation 3D - © Jennifer Caubet

Jennifer Caubet
Née en 1982, vit et travaille à Aubervilliers
Diplômée de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris en 2008, Jennifer Caubet a notamment exposé à la Kunsthalle de Bâle (Suisse) en 2009, à la galerie Corthex Athletico à Bordeaux en 2011 et à La Maréchalerie de Versailles en 2014. Intéressée par les relations qu’entretiennent sculpture et architecture, l’artiste travaille avec la mise en tension de l’espace entre " espaces disponibles " et " espaces occupés ".




Toutes les larmes de son corps : Erigé en 1908 sur la place de la Nation à Paris, Le triomphe de la République, groupe statuaire du sculpteur Georges Gardet, était encerclé par un bassin où prenaient place des crocodiles en bronze. Les monstres marins projetaient des jets d'eau sur le groupe central, ils représentaient les ennemis de la République. En 1942, les crocodiles sont déposés par le régime de Vichy et refondus. Le projet de Sébastien Gschwind réinvestit cette figure animale menaçante disparue, refoulée. Il la réemploie, non pas sous sa forme redoutable mais en opérant un basculement formel et sémantique, lui donnant une valeur totémique. C'est cette fonction archaïque de la statuaire qu’il est question de rendre visible, comme l'évocation d'une relation spirituelle originelle. Elle convoque des manifestations physiologiques affectées (pleurs, sudations). Ni hommage, ni monument, ce projet est aussi contextualisé par l’actualité tragique des attentats proférés à Paris en janvier 2015 et questionne la place contemporaine accordée à une iconologie poétique qui touche au sacré et à la cité.

Dimensions de l'œuvre : 160 x 50 x 50 cm
Aquarelle sur papier - © Sébastien Gschwind

Sébastien Gschwind
Né en 1973, vit et travaille à Paris et en Alsace
Diplômée de l’École des Beaux-Arts de Nancy, Sébastien Gschwind a été exposé au Palais de Tokyo à Paris puis à Tokyo (Japon) et à Séoul (Corée du sud) dans le cadre des résidences d’artistes de la Fondation d’entreprise Hermès. Il a également participé à la Biennale de sculpture de Yerres et au OFF de la Biennale d’art contemporain d’Istanbul. Sébastien Gschwind enseigne par ailleurs à la Haute École des Arts du Rhin à Mulhouse.




Le Narcisse : Le miroir serait apparu en même temps que l’âge du bronze et se place comme l’un des premiers reflets nets de l’Homme dans l’histoire. Objet domestique à charge symbolique, le miroir est source de mythe – celui de Narcisse, et de croyances, à la frontière entre réel et imaginaire. Mettant en lumière la propriété scientifique du bronze poli à générer un effet miroir, l’artiste rappelle le poids étymologique : d’une part le mot spéculation vient du latin speculum qui signifie " miroir " ; à l’origine, spéculer c’est observer le ciel et les mouvements relatifs des étoiles, à l’aide d’un miroir. D’autre part, le mot latin miratus signifie " être épris de, se passionner pour, rechercher ". Le miroir est donc source de spéculation et le symbole d’une porte qui s’ouvre sur un autre monde, tout en se centrant sur le regard de son spectateur. Le projet mène ainsi à l’introspection autant qu’à la folie narcissique, une expérience amplifiée par sa grande dimension.

Dimensions de l'œuvre : 150 x 3,5 cm
Dessin - © Emma Marion

Emma Marion
Née en 1989, vit et travaille à Lyon
Diplômée de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Lyon en 2014, où elle est lauréate du Prix Dufraine puis du Prix Linossier en 2014, Emma Marion a bénéficié, dans ce cadre, d’une exposition au Musée des Beaux-Arts de Lyon. Passionnée d’image, elle capture, écrit, filme à partir de ce qui est tout proche mais se révèle par le regard des autres ou sa propre intervention, imaginaire, spirituel. Ses médiums sont autant la sculpture que la vidéo ou la photographie. L’artiste a effectué de nombreuses recherches dans ces domaines qu’elle continue d’explorer. L’image en mouvement est par ailleurs au cœur de son travail à travers différents courts-métrages qu’elle réalise depuis 2013.




Broche : Version paysanne de la pièce montée des grandes villes, le gâteau à la broche est une pâtisserie monumentale de forme pyramidale, dont l’origine inconnue est revendiquée par bon nombre de régions. Son originalité tient à son mode de cuisson spectaculaire qui génère la physionomie oblongue et hérissée du gâteau, en rotation au-dessus des braises, sur lequel la pâte est versée en continu. La Broche de Nathalie Novain + Benoît Piéron constitue une œuvre à la frontière entre œuvre plastique et culinaire, un véritable bronze à la broche. Le duo d’artistes a par ailleurs créé la machine qui génère la forme en cire et entend documenter chaque étape de création de l’œuvre dans le but d’ériger le savoir-faire au rang d’œuvre d’art.

Dimensions totales (avec socle) : 135 x 133 x 85 cm
Modélisation 3D - © Nathalie Novain + Benoît Piéron

Nathalie Novain et Benoît Piéron
Nathalie Novain (née en 1981) + Benoît Piéron (né en 1983) vivent et travaillent à Paris
Nathalie Novain + Benoît Piéron est un duo de plasticiens nés au début des années 80. Les artistes se rencontrent en 2005 à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris où ils fréquentent l’atelier du sculpteur britannique Richard Deacon durant trois ans. Après plusieurs expositions– notamment à la Galerie Premier Regard pour elle et pour lui, au Palais de Tokyo à Paris puis à Tokyo (Japon) et à Séoul (Corée du sud) dans le cadre des résidences d’artistes de la Fondation d’entreprise Hermès. Ils ont réalisé leur première installation à quatre mains en 2015 au Salon des Sciences d’Ivry-sur-Seine.




Sculpture pour fenêtre ou sculpture pour observer discrètement la piscine de ses voisins : Florian Viel désire partager et fixer un instant les beautés indicibles et les moments futiles que l’on peut observer par la fenêtre, caché derrière un store. Ce projet trouve sa genèse dans l’expérience vécue par l’artiste, qui, après avoir installé un store véinitien dans plusieurs endroits où il a vécu, a constaté une modification de sa perception des choses tout pendant que son corps restait dans un univers familier. Attitude critique autant qu’humoristique, il est question du songe, du fantasme, et du désir voyeur - assumé ou non - du spectateur camouflé face à la réalité. " Une fiction permet de saisir la réalité en même temps qu’elle se cache " prône Florian Viel, qui à travers sa sculpture à la forme d’un store vénitien, souhaite inviter le regardeur à participer au spectacle des coulisses.

Dimensions de l'œuvre : 220 x 120 x 120 cm (avec socle)
Modélisation 3D - © Florian Viel

Florian Viel
Né en 1990, vit et travaille à Paris
Florian Viel a étudié à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts du Mans et à celle de Paris ainsi qu’à la CalArts à Los Angeles. En 2014, il crée le Bureau d’Études Tropicool avec Jonathan Chauveau. Depuis 2011, il participe à plusieurs expositions collectives au Salon Jeune Création au 104 à Paris, à la Galerie Patricia Dorfmann à Paris ou encore à la Biennale du Dessin à la Cité Internationale des Arts de Paris. En octobre 2015, son travail sera montré dans l'exposition Le soleil se lève et se couche sans obstacle à la chapelle du Quartier Haut à Sète.




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