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Les nominés 2011

Le jury du Prix MAIF 2011 a nominé 5 artistes plasticiens ayant proposé un projet pour le bronze. Ces artistes ont tout l'été pour réaliser un modèle à l'échelle 1 de leur projet, dont un seul sera désigné lauréat en octobre. Vous allez découvrir ci-dessous des projets, pour certains encore à l'état de croquis, d'esquisse. Le jury a retenu, cette année encore, des artistes émergents qui proposaient un traitement original, contemporain et pertinent du bronze. La MAIF tient à remercier sincèrement tous les participants à cette édition, faisant de 2011 l'année de la confirmation pour le prix MAIF pour la Sculpture. Sans plus tarder, votez pour votre projet préféré !

Bergie Seltzer est une œuvre, parmi un ensemble de projets, qui traduisent une réflexion sur l’iconographie et la force poétique de la glace, du glacier et de l’iceberg. Le glacier, à la manière de l’inconscient vers le conscient, rejette à la surface des éléments (eau, air, roche) parfois très anciens. La glace retient ou libère des particules, de l’oxygène, comme l’inconscient refoule ou délie les rêves et les désirs. L’iceberg, quant à lui, est un individu. Il est séparé de sa souche, du corps " social " et possède sa propre individualité. Son identité est changeante, indéfinissable et régie par la coexistence de deux parties distinctes : la partie émergée et la partie submergée, l’une dans la lumière, l’autre dans l’ombre et l’opacité. L’artiste a choisi de représenter l’iceberg et sa puissance métaphorique, en incarnant avec poésie la cohabitation du conscient et de l’inconscient. " Bergie Seltzer " est d’ailleurs le nom donné au pétillement, au crépitement, que fait un iceberg en fondant.

Dimensions de l'œuvre : 105 x 80 x 63 cm

Amélie Chabannes a 37 ans, elle vit et travaille entre New York et Paris. Elle s’appuie sur l’exploration de l’identité, de ses multiples articulations et représentations, notamment par la confrontation entre le processus d’identification, rigide, étatique et l’approche psychologique et sociologique de l’identité, plus imprécise et plus juste. Elle cherche à mettre en cause et à bousculer la vision classique de l'identité et l‘appréhension traditionnelle de l’œuvre.




Une minute de latitude est un ensemble composé par le télescopage de deux éléments issus de contextes différents : une caravelle du XVe siècle se superpose à un toboggan. La caravelle hissée sur la plateforme occupe l’espace supposé de l’enfant qui s’apprête à la glissade. Le navire domine l’espace avec une certaine tension, comme suspendu au sommet d’une vague gigantesque. L’image du toboggan nous plonge dans l’univers de l’enfance et des premières expériences par le jeu, la découverte de l’espace. La caravelle est par ailleurs le bateau de l’explorateur et des grandes découvertes. Métaphore à tiroirs, son titre joue avec une double polysémie : la " minute " de latitude, terme marin, évoque aussi ce temps bref et suspendu ; la latitude, elle, est également synonyme de liberté, de libre-arbitre.

Dimensions de l'œuvre : (L)125 cm x (l) 25 cm x (H) 150 cm

Ce projet est à l’image du travail de Céline Cléron. Cette artiste de 35 ans, qui vit et travaille à Paris se décrit comme appartenant à l’espèce des " pilleurs " : capture et appropriation sont deux opérations essentielles de son travail. Sa mémoire opère par correspondances et associations, son univers est peuplé d’hybridation, de métamorphoses, de glissements sémantiques et visuels. Dans sa pratique sculpturale, elle reste néanmoins très attachée aux images et au dessin, à une certaine idée de la minutie, source de la poésie des objets.




Le projet Top Roots représente un palmier nain, dont les palmes servent de socles à un tronc grumeleux, présentant ses racines en son sommet. L’arbre, apparemment déraciné, est légèrement penché. Pourtant, l’équilibre est signifié à travers une chute stabilisée des racines, telles les branches d’un saule pleureur. Une vigueur apparaît, contrastant avec une certaine sérénité, dont la gravité doit être accentuée par le bronze. Les branches se présentent comme un trépied, dépouillé, tandis que les racines sont abondantes et entrelacées. Le palmier est une image récurrente de l’univers d’Antoine Dorotte, qui évoque la contradiction entre sa symbolique exotique (et les images agréables qu’il véhicule : vacances, détente, etc.) et la réalité imposée à l’espèce : déracinement, exploitation intensive (pour son huile), appauvrissement de l’espèce.

Dimensions de l'œuvre : 140 x 80 x 80 cm

Antoine Dorotte a 35 ans, il vit et travaille à Rennes. Artiste pluri-disiplinaire, il travaille aussi bien le dessin que la sculpture, l’installation et la gravure (notamment sur zinc). De la culture populaire, il revisite aussi bien les icones (personnages) que les techniques (le film d’animation), en leur donnant une dimension plastique nouvelle : un dessin animé où les images successives sont des eaux-fortes, une pin-up aguichante faite d’aquatinte, de bois et de néons. Le travail du bronze serait un développement intéressant pour son travail où contemporain et classique se répondent et se complètent.




Le projet sans titre (paix sur le galop fougueux au détour de Morsott) de Karim Ghelloussi est une sculpture de petite dimension, constituée d’un crâne anatomique en plastique, de tissu, de mousquetons, d’une tige métallique et d’une chute de marbre. Elle figure une tête de mort coiffée d’un chèche oriental. Elle fait partie de la série Études & Chutes qui permet à l’artiste de mettre en évidence un vocabulaire plastique qui est ensuite redéployé dans des sculptures de plus grandes dimensions. L’artiste aimerait, à partir de cette sculpture composite, expérimenter les différents aspects du bronze en trouvant notamment des équivalents entre le traitement des surfaces et les matériaux d’origine.

Dimensions de l'œuvre : 50 x 25 x 20 cm

Karim Ghelloussi a 34 ans, il vit et travaille à Nice. Dans son travail du volume, sculptures d’assemblages, il cherche des équivalents formels à des amalgames imaginaires qui mêlent grande culture et culture populaire, références occidentales et orientales. À l’origine, il y a souvent un objet trouvé, un morceau de phrase ou une image qui retient son attention ; il cherche à en dégager le point de départ d’une fiction, d’une histoire à raconter. Une fois au sein de son atelier, l’artiste cherche alors à traduire avec justesse la construction mentale élaborée par des équivalents manuels et matériels, à l’aide d’assemblages et de collages.




Empreinte cherche à rendre plus palpable le vide laissé par une absence, cette distance intime qui se forme entre deux corporalités distinctes. Comme un creux laissé derrière soi, l’absence de l’autre cherche à se créer une place dans l’espace de notre mémoire. Nos souvenirs viennent remplir les espaces laissés vacants derrière nous à l’image du bronze en fusion venant remplir les plis et les replis d’un moule pour venir se figer dans une forme solide et définitive. Les vêtements entrelacés d’Empreinte, évidés de leurs corps, symbolisent pour nous ces absences qui restent longtemps douloureuses. Fondue en bronze comme le plastron de deux armures encastrées, elle deviendra le signe d’une protection élevée contre les assauts du temps.

Dimensions de l'œuvre : approx. 88 x 60 x 50 cm

Mathilde Roussel a 28 ans, elle vit et travaille à Paris. Son travail s’articule autour de la question de l’être dans ce qu’elle a de plus indicible. L’artiste s’attache à élaborer une représentation sensible de notre paysage intérieur. Ses dessins préparatoires autonomes lui permettent de penser formellement ses sculptures qui deviennent un dessin dans l’espace. Dans ses recherches, elle questionne la notion de temps en considérant à la fois le temps humain et le temps végétal. Se dessine ainsi une cartographie de notre corporalité, une " anatomie de l’espace-temps que nous occupons par notre fragile présence au monde ".




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