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Les nominés 2010

Le jury du Prix MAIF 2010 a nominé 6 artistes plasticiens ayant proposé un projet pour le bronze. Ces artistes ont tout l'été pour réaliser un modèle à l'échelle 1 de leur projet, dont un seul sera désigné lauréat en octobre. Vous allez découvrir ci-dessous des projets, pour certains encore à l'état de croquis, d'esquisse. Le jury a retenu, cette année encore, des artistes émergents qui proposaient un traitement original, contemporain et pertinent du bronze. La MAIF tient à remercier sincèrement tous les participants à cette édition, faisant de 2010 l'année de la confirmation pour le prix MAIF pour la Sculpture. Sans plus tarder, votez pour votre projet préféré !

Le Colosse de Wilfrid Almendra est un ensemble sculptural bipartite, composée d’une sculpture et de son socle. Réplique agrandie d’une statue gauloise en bois datant du IV siècle avant notre ère, découverte lors des fouilles de Bobigny en 1996. Ces statues étaient plantées le long des axes de circulation, servant de repère aux voyageurs et aux commerçants. Communes à l’époque, mais fragiles par leur matériau, ces statues se sont pour la plupart décomposées dans le sol. Celle qui a servi de modèle à cette sculpture est la première exhumée en France. Sauvée de l’érosion par le calcaire dont elle s’est imbibée avant d’être enfouie dans le sol vers - 150 av. JC, cette sculpture anthropomorphe apparaît aujourd’hui ravinée, rongée, presque abstraite.

Dimensions de l'œuvre : 202 x 80 cm

Les sculptures de Wilfrid Almendra sont des constructions élaborées à l’approche artisanale et décalée qui interroge l’héritage du modernisme et hybride les références populaires. Elles dessinent un paysage mental peuplé de formes singulières, mélange d’images de la culture populaire et de motifs inspirés de la nature. Retranchées derrière leur singularité, ces créations résistent à la description, ou plutôt rendent celle-ci forcément subjective. Pour les composer, Wilfrid Almendra puise un ensemble d’images et de références architecturales, des éléments qu’il assemble et hybride en dessin, avant de s’atteler à la fabrication de chaque sculpture dans son atelier. Il utilise pour cela une vaste palette de matériaux et de techniques, le plus souvent situés en dehors des pratiques artistiques habituelles.




Monstre est le nom donné aux encombrants, amas d’objets jetés sur la voie publique. Issu d’un geste d’assemblage arbitraire et inconscient de plans et de volumes, le monstre devient une sculpture publique éphémère avec laquelle on apprend à vivre, on s’en arrange. Pour autant, ce projet n'est pas uniquement une esthétique de la récupération et du déchet. Il fait référence à une longue histoire de la sculpture, au rôle du hasard dans le geste créatif, aux recherches des constructivistes russes ou des minimalistes et aux notions mêmes de sculpture et d’espaces publics. Pour l’artiste, la ville n'est pas un espace neutre. C'est un terrain strié de normes environnementalistes, sécuritaires, fonctionnalistes, hygiénistes censées répondre à l'intérêt général. Avec le Monstre, Julien Berthier nous montre que c'est dans une friction privé/public que se joue réellement la ville et son usage.

Dimensions de l'œuvre : variables

On pourrait prendre Julien Berthier pour quelque illuminé ou utopiste farfelu si ses inventions fantasques, fruits d’une observation aiguë de la réalité, n’avaient pour finalité d’en révéler la dimension absurde, tragique parfois. Son travail est en effet tout un programme qui se compose de solutions pratiques, techniquement viables, ou de démonstrations cohérentes. Mais l’ensemble, sous couvert d’améliorer les choses ou d’en pousser la logique de fonctionnement, n’en constitue pas moins une critique empruntant à l’humour et à l’ironie.




Guerrière fait référence à la légende de "Lady Godiva" image de la tendresse et de la liberté de la femme, qui aurait traversé à cheval et nue les rues de Coventry vers l'an 1 000, sacrifiant son honneur afin de convaincre son mari de diminuer les impôts qu'il prélevait pour financer ses campagnes militaires. Rappelant également la " guerrière amazone ", stéréotype féminin à la personnalité marquée et indépendante, déterminée à atteindre ses objectifs, l’artiste incarne une héroïne qui ne manque ni de courage, ni de force, marchant vers la victoire, associant ainsi le caractère belliqueux du cavalier à l’idée de combat pour la vie qu’incarne la grossesse.
Alors que de nombreuses statues équestres représentent des despotes et des monarques, Guerrière est un hommage aux femmes qui se battent, dans les luttes quotidiennes comme dans les combats les plus nobles.

Dimensions de l'œuvre : 135 cm x 123 cm x 35 cm

La richesse de l’œuvre de Hsia-Fei Chang passe notamment par son habilité à jouer de son métissage culturel dans les processus de production et de diffusion de ses œuvres. Captant avec finesse l’impact et le sens de chaque mot, cette artiste pluridisciplinaire nous plonge dans un univers schizophrénique, à mi-chemin entre la légèreté du conte de fées et le monde énigmatique de David Lynch. À la fois héroïne vulnérable et femme fatale, l’artiste nous interroge sur nos rapports, publics et intimes, avec les autres individus, mais aussi avec notre propre personne.




Un zodiac à moitié gonflé, plié et replié sur lui-même comme un corps organique torturé, ligoté. Objet Trouvé, l’œuvre de Mehdi Melhaoui relève de l’expérimentation : à la fois enclenchement d’une action, celle de poser, manipuler un objet pour enfin l’exposer, et déclenchement du pouvoir de replier l’œuvre, la déformer, pour enfin la retirer de son lieu d’exposition. Le lieu d’exposition est ainsi transformé en lieu d’expérimentation, l’œuvre en performance, son exposition, un moment unique. Dans quelque position que soit exposé cette œuvre, la matière se tend, prend position, s’immobilise, tout comme le muscle permet au corps organique de se mouvoir, de s’immobiliser. A la différence près que dans cette œuvre, c’est le vide, l’air emprisonné dans le zodiac qui lui donne forme, devenant elle-même en partie œuvre, en partie créatrice. Tout comme la photographie, le moulage en bronze permettrait à l’une de ces postures de se figer à jamais, d’exister à travers les âges.

Dimensions de l'œuvre : approx. 140 x 110 x 50 cm

La démarche de Mehdi Melhaoui consiste à proposer des objets, des installations, entre affect et percept, tout en tenant une position de résistance en rapport avec les problématiques liées aux flux migratoires qui ont fait l’histoire de la Méditerranée. Pour l’artiste, l’exil passe également par l’expression plastique et poétique, notamment à travers l’art contemporain, qui lui permet de porter un regard critique sur le monde.




Dans son œuvre Présence in the corner, Françoise Pétrovitch nous présente une fillette se tenant debout dans l’angle d’une pièce, silencieuse et hermétique, les mains derrière le dos, la tête penchée. Elle est au coin, dans l’angle d’un mur, présente, mais sans regard. Elle nous tourne le dos et semble absorbée par cet angle, alors que des formes irréelles surgissent des parois : sa " bouderie " fait advenir un monde imaginaire.
Plus petite que nature, au coin d’une pièce, la fillette s’efface, mais n’en reste pas moins témoin.

Dimensions de l'œuvre : 90 cm de hauteur,
approx. 60 cm de large

Françoise Pétrovitch vit et travaille à Cachan. Plasticienne pluridisciplinaire, elle porte une attention toute particulière à la technique du dessin, révélatrice d’une économie plastique marquée par la justesse, le refus du commentaire et une manière d’avancer " de proche en proche ".
Elle parle des choses menues et pourtant déterminantes de la vie : expériences du travail, de l’école, des vacances... parler de l’intimité – quelquefois au travers du récit des autres – en les rattachant toujours à leur contexte d’énonciation, à l’histoire ; développant un bestiaire hybride, effrayant sans en avoir l’air, qui, avec grands éclats de couleurs, invoque les songes qui ne nous ont jamais quittés.




Dans Constellation Anonyme, Georges Tony Stoll associe une facture relativement grossière et une harmonie des formes (bonne " proportionnalité "), pour un objet, une installation aux allusions et aux influences multiples. Ici, ce sont les métiers d’art qui sont appelés pour faire travailler l’imaginaire du spectateur : les feuilles d’or du couturier, le travail d’équilibre du pâtissier...

Georges Tony Stoll a aussi bien travaillé la photographie, la vidéo, que la peinture. Il a très vite adopté le principe selon lequel toute forme est une figure. Le raccourci est facile pour ce familier de la psychanalyse, qui sait ce qu'il en est de l'interprétation et des faux-semblants qui peuvent s'y substituer. Son travail plastique s’applique donc à donner leur juste importance à chaque moindre chose : un morceau de scotch sur le mur, un tas de papier froissé, une ampoule.
Avoir " l'esprit agrippé aux objets ", telle est la position de l’artiste face au monde. Un monde qui pour lui n'est jamais " naturel ", mais qui au contraire reste toujours, même dans la relation la plus familière, un territoire étrange, insatisfaisant, inachevé. C'est pourquoi ses images, qu'elles soient figuratives ou abstraites, offrent un sentiment d'incomplétude, un équilibre instable qui peut être fascinant et inquiétant.




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