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Trois questions à... Vinciane Zelverte

Vinciane Zelverte La MAIF soutient le projet PHARES (Par delà le Handicap, Avancer et Réussir des Études Supérieures), qui consiste à élargir les perspectives de continuité de parcours des jeunes collégiens et lycéens en situation de handicap. Après un témoignage d’un élève, c’est cette fois autour de Vinciane Zelverte, ancienne tutrice de nous faire part de son expérience.

Pouvez-vous nous présenter le projet PHARES ?

Il s’agit d’un programme de tutorat qui est développé dans des écoles et des universités. Il est mené par des étudiants de l’ESSEC bénévolement, pour des jeunes élèves en situation de handicap. Il s’agit de développer leur potentiel, leur compétence et leur capacité afin de les aider à s’orienter dans leurs études, et ce à travers plusieurs ateliers en très petit groupe. Nous intervenons auprès de jeunes, de la 3ème jusqu’à la Terminale. Il est encore tôt pour tirer des conclusions, puisque notre action n’a que 4 ans d’existence. Mais les résultats sont d’ores et déjà très encourageants : Les répercussions sont bénéfiques chez les élèves comme chez les tuteurs. Nous sommes dans un vrai rapport gagnant/gagnant. Le défi maintenant consiste à étendre cette offre tout en conservant cette même qualité, le même suivi. Il ne faut surtout pas qu’elle devienne industrielle et donc qu’elle perde son âme.


De votre point de vue, comment les élèves perçoivent-ils ce programme ?

J’ai le sentiment que ça leur apporte une plus grande confiance et une certaine autonomie. Avant PHARES, certains ne s’imaginaient pas obtenir leur bac et mener des études supérieures. L’aide à l’orientation est un véritable appui, qui rassure beaucoup de jeunes. Je pense aussi qu’ils comprennent que leur handicap n’est pas un barrage à leur succès personnel. Ils sont aussi confrontés à un autre point de vue concernant leur situation et sont très touchés du fait que de jeunes adultes puissent être soucieux de leur personnalité et de leur potentiel.


Quels sont les bénéfices pour les intervenants ?

Il s’agit d’une expérience résolument forte et enrichissante. Au début, on ne sait pas trop ou l’on va. J’ai rencontré des tuteurs qui avaient un peu peur de se confronter à une réalité qu’ils imaginaient plus dur qu’elle ne l’est en pratique. Et tout de suite, ils se sont retrouvés portés par une dynamique incroyable. Les jeunes ont une envie très communicative d’apprendre, de travailler. Et je dirai même que c’est très riche sur le plan professionnel. En tant qu’étudiants de l’ESSEC, nous sommes amenés par la suite à manager. Ce projet nous apprend donc à gérer une équipe, il nous confère une responsabilité transférable à d’autres réalités, comme celle d’intégrer une personne en situation de handicap, plus tard dans l’entreprise. C’est un vrai plus. Lorsque j’étais tutrice, il m’est arrivé d’avoir un élève qui n’ouvrait pas la bouche. Aujourd’hui, il tient des discours devant toute une foule pour témoigner de son expérience avec PHARES. Il suffisait juste de lui consacrer un espace où il pouvait s’exprimer. Je suis persuadé qu’il ira loin et ça me touche beaucoup.