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Trois questions à... Mariannick Juhel

Mariannick Juhel

Mariannick Juhel,
Échanger, changer. Tel pourrait être le mot d’ordre des " Rencontres extra ordinaires " qui ont eu lieu le 9 décembre 2010 au collège Thomas Mann à Paris, dans le 13e arrondissement. Le principe : créer une rencontre au sein des établissements scolaires entre enfants valides et personnes non valides, afin de valoriser les capacités et les talents de chacun. Mariannick Juhel, professeur d'EPS et militante active, nous raconte.

Pouvez-vous nous expliquer en quoi consistent ces Rencontres " extra ordinaires " ?

Durant une journée, de 8 H 30 à 17 H, le collège s’est transformé en un véritable atelier d’échanges, organisé par la MAIF, avec le soutien de l'agence " Le Loup Blanc ". Les élèves ont partagé leur temps avec des personnes porteuses d'un handicap. Pour ce faire, différentes activités ont été mises en place, tout d’abord par le biais du sport. Le Comité régional Handisport et l’association Vagdespoir ont organisé différents tournois sportifs pour des personnes à mobilité réduite. Benoît Carpier, éducateur spécialisé, proposait ensuite une session de sensibilisation au handicap invisible. L'association Starting Block animait, quant à elle, un atelier d’écriture en braille. Puis, les élèves ont été confrontés à un parcours du combattant : les yeux bandés, avec canne ou en fauteuil, pour les sensibiliser au handicap sensoriel. Les collégiens ont également participé à un atelier d’expression artistique, et à un forum d’échange. L’intérêt de toutes ces activités est de les mettre en situation. Le résultat est probant puisque tous ont adoré, et nous demandent quand aura lieu la prochaine rencontre.

Lors des Rencontres à Cergy en décembre 2008, le philosophe Albert Jacquard remettait déjà en question l’appellation de " personnes handicapées ", pour lui substituer l’idée de " personnes autrement capables ". Qu’en pensez-vous ?

Je suis entièrement d’accord. Ces journées " extra ordinaires " ont atteint cet objectif : montrer que les personnes porteuses d'un handicap sont capables de faire comme les personnes " valides ", mais de façon différente. L’exemple le plus marquant fût au moment des représentations musicales, données pendant les récréations et la pause de midi. Les élèves ont réagi de façon très émouvante : ils étaient subjugués par ce rappeur en fauteuil roulant qui faisait passer quelque chose de très fort. Une très belle preuve que l’échange et le talent peuvent faire exploser toutes les barrières.

Un mot sur le partenariat avec la MAIF ?

Depuis la loi du 11 février 2005, on entend que les personnes " autrement capables " ont accès à tout. Malheureusement, ce changement se fait lentement et cette législation ne suffit pas à changer le regard. Qu’une entreprise comme la MAIF soit vecteur de ce genre de projet, c’est merveilleux. Nous, enseignants, avons la possibilité de faire passer le message. J’aimerais que beaucoup de gens s’engagent à nos côtés dans cette belle bataille.

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