PREMIERS SECOURS

Formation aux 1ers secours de l’école au lycée

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Infirmière scolaire, Patricia Bristol est conseillère technique à la Direction générale de l’enseignement scolaire depuis 2009. Elle est aussi la co-auteure d’un livre de référence, " Infirmière de l’Education Nationale ", sur cette fonction qu’elle a exercée en lycée et collège jusqu’en 1998.

Comment avez-vous vu évoluer l’enseignement du secourisme dans les collèges ?

En 2009, nous avions 2,7 % d’élèves formés au PSC1 ; aujourd’hui, nous sommes à plus de 27 %, voire 30 %... Pour moi, c’est une performance ! En effet, le premier référentiel de cette formation ne date que de 2007. Élaboré dans le cadre de l’Observatoire national du secourisme, au Ministère de l’Intérieur, il a été rédigé pour donner les mêmes bases et les mêmes consignes à toutes les personnes qui prétendent être secouristes. À partir de ce document, il y a eu beaucoup de travail à l’Éducation Nationale car il a fallu trouver et former les personnes susceptibles d’enseigner cela à nos élèves. Tout s’est organisé, aussi bien que possible, pour trouver des instructeurs et monter des formations. Quand je suis arrivée, en 2009, j’ai poursuivi le travail, bien amorcé, et j’ai pu mettre en place une équipe pédagogique nationale de six instructeurs, qui pilote tous les formateurs de formateurs en métropole et en outre-mer (ils sont plus de 180 aujourd’hui). Cette équipe travaille désormais sur le référentiel de l’Éducation Nationale, en suivant les recommandations du ministère de l’Intérieur, et organise des formations. C’est beaucoup plus confortable et nous avons mesuré les résultats...

Mais l’objectif, c’est d’atteindre 100 % d’élèves titulaires du PSC1 à la sortie du collège. Quand pensez-vous atteindre ce résultat ?

C’est difficile d’avancer une date, car les choses peuvent évoluer, nous y travaillons ! Comme la loi nous conduit à former tous les élèves avant la sortie du collège, nous avions par habitude de former uniquement les élèves de 3ème, mais le PSC1 peut s’enseigner à partir de 10 ans. Aussi, nous allons étaler les formations (5ème, 4ème, 3ème), cela nous permettra d’améliorer nos résultats. D’autre part, nous avons travaillé en amont pour déployer de plus en plus " Apprendre à porter secours ", un dispositif créé par l’Éducation Nationale pour sensibiliser les élèves du primaire. Le fait de commencer dès le primaire et d’étendre la formation à plusieurs classes d’âge en collège va, je crois, vraiment stimuler l’enseignement du secourisme à l’Éducation Nationale !

Ce temps nécessaire pour former les instructeurs puis les formateurs était-il le seul obstacle pour la mise en place de ces formations au PSC1 ?

Pour ces formations, il nous fallait du matériel. Il y en avait bien un peu au sein des équipes académiques, mais insuffisamment pour accompagner l’augmentation du nombre de formateurs. Nous avons connu un grand appel d’air dans ce domaine avec les kits de secourisme fournis par la MAIF. Maintenant, tous les départements sont pourvus, c’est quelque chose d’extraordinaire ! Nous travaillons beaucoup avec la mutuelle dans le cadre d’une convention nationale : actuellement, nous préparons une plaquette qui sera délivrée à chaque élève ayant obtenu son PSC1. Elle sera comme un mémento de la formation. Il est important de donner quelque chose de concret à l’élève... Il existe bien des choses, faites à l’échelle des établissements ou des académies, mais cette plaquette sera nationale et bien conçue ! Et nous n’allons pas nous arrêter à ce document, nous préparons d’autres outils pédagogiques...