Conseils et prévention

Vacances d’hiver

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Alexis Peltier,
Le Peloton de Gendarmerie de Haute Montage (PGHM) est un ensemble d’unités spécialisées dans les missions de secours et d'assistance. Ces militaires des neiges, interviennent dans tous les domaines liés
aux activités de montagne. Alexis Peltier, commandant de la compagnie de gendarmerie territoriale de Chambéry, rappelle à nos lecteurs qui se rendent aux vacances de sports d’hiver, les bons réflexes à adopter, pour un séjour plus serein. Entretien tout schuss !

Quels sont les risques liés aux sports d’hiver et comment les éviter ?

Les accidents proviennent essentiellement du manque de préparation et des changements de condition des vacanciers. La plupart du temps, ces derniers font de longs trajets en voiture pour se rendre directement aux pieds des pistes. Ils passent une mauvaise nuit liée aux changements d’altitude et dès le lendemain, ils se lancent dans de grands parcours. La fatigue accumulée peut engendrer des malaises, cardiaques notamment. L’idéal est de reprendre une petite activité sportive au préalable afin de préparer l’organisme aux efforts qu’il va fournir. Quel dommage de gâcher son séjour à cause de la précipitation.

Quid de l’équipement ?

Il n’est pas obligatoire, cependant j’encourage tout le monde - surtout les enfants - à porter un casque. Nos voisins Italiens ont d’avantage ce réflexe que nous. Les vitesses sur ski sont très importantes : 50 à 60 kilomètres par heure. Elles avoisinent donc la rapidité d’un vélomoteur.
En ce qui concerne le hors-piste : gare aux avalanches.
Le mieux pour les amateurs de hors-piste : toujours se rapprocher des professionnels de la montagne, type guides ou monteurs, s’équiper et se référer aux bulletins d’avalanches affichés dans les stations.
En ce qui concerne l'équipement, le triptyque, DVA, sonde et pelle est indispensable. Contre les catastrophes naturelles, le randonneur doit agir vite. Les statistiques montrent qu'il faut sortir une personne ensevelie en moins de quinze minutes. Le DVA est un émetteur-récepteur de la taille d'un baladeur qui relie tous les randonneurs entre eux. Il permet de rechercher la position de la victime et la sonde vient affiner sa localisation exacte. Ensuite, la pelle permet de dégager plus vite le randonneur. Il est préférable de toujours garder le DVA contre la peau, pour ne pas qu’il soit arraché par les secousses. Il faut s’entraîner à son utilisation et s’assurer de ses conditions de marche. Mais il faut surtout savoir abandonner si les conditions météorologiques sont mauvaises car le matériel n’est jamais une garantie de survie.

Pouvez-vous relater une intervention qui vous a particulièrement marquée ?

Le 31 au soir, nous recevons l’appel d’un petit groupe d’ado qui voulaient atteindre un refuge pour fêter le nouvel an. Un jeune homme de la bande avait froid et il fallait agir rapidement. Mes hommes sont partis à 6 pour intervenir au plus vite à ski et en motoneige. Consternation une fois sur place : il s’est avéré que les jeunes étaient 15. Tous commençaient à faiblir, ils n’étaient pas ou peu équipés, en basket... Ils ont sous-estimé la longueur de leur parcours. Nous avons dû évacuer tout ce petit monde vers 1 heure du matin. Drôle de manière d’entamer 2011. Heureusement tout s’est bien terminé. Je préfère vous raconter cette histoire plutôt que les histoires d’avalanches dont l’issue peut-être beaucoup plus tragique.