MAIF, Assureur Militant

Conseils et prévention
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Sur la route

Les capacités du conducteur
Alcool, drogue, médicaments, vieillesse : des facteurs de risque majeurs sur la route qui doivent inciter à la vigilance.


Alcool : vers la tolérance zéro

Troubles de l’attention, capacités visuelles et réflexes altérés... les dangers de la conduite en état d’ébriété ne sont plus à démontrer, même si les effets de l'ingestion d'alcool varient d'une personne à l'autre. Face à la gravité des enjeux, la MAIF préconise la précaution maximale : zéro boisson alcoolisée avant de prendre le volant.

Se montrer responsable en renonçant à la conduite
La meilleure consigne : celui qui conduit ne doit pas boire d’alcool. Il est donc indispensable de s’organiser en amont d’une soirée, d’un repas en famille,
d’une fête entre amis.
Sinon : attendre que l’alcool soit éliminé, prendre les transports en commun, appeler un taxi ou solliciter des amis sobres pour se faire raccompagner.

Mesurer son taux d’alcoolémie
Les conducteurs de véhicule automobiles et de moto (cylindrée supérieure
à 50 cm3) sont dans l'obligation de détenir un éthylotest, non usagé, en cours de validité et à disposition immédiate. Cette mesure doit contribuer à la mise en place de solutions préventives et à développer la prise de conscience des risques.

Et pour les conducteurs novices ?
Depuis le 28 Juin 2015, le taux légal d’alcoolémie passe de 0,5 g/l à 0,2 g/l dans le sang pour les conducteurs novices qui passeront ou repasseront leur permis de conduire. Cette mesure vise à diminuer le nombre d’accidents sur la route et à créer une génération de conducteurs pour qui boire de l’alcool et conduire une voiture serait incompatible.

  • L’alcool et les accidents de la route : un facteur de risque majeur
      L’alcool joue un rôle majeur dans la survenue des accidents de la circulation les plus graves : chaque année, près un tué sur trois est imputable à l’alcool. Depuis 2006, l’alcool est même devenu la première cause de mortalité sur les routes, devant la vitesse.
      Ces accidents montrent la sous-estimation du danger lié à l’alcool et la faible conscience des perturbations qu’il engendre, même consommé en faible quantité.

    • Un risque mortel pour les jeunes
      Les jeunes conducteurs de moins de 25 ans sont les plus touchés : 40 % des accidents mortels les concernant sont liés à une alcoolémie. Viennent ensuite les 25-44 ans avec une part de 37 % d’accidents mortels liés à l’alcool. 9 fois sur 10, les conducteurs présentant un taux d’alcoolémie supérieur au taux légal et impliqués dans un accident corporel sont de sexe masculin. Les accidents avec alcoolémie se produisent en majorité la nuit et en fin de semaine. Le taux d’alcool dans les accidents corporels le week-end est trois fois plus élevé qu’en semaine.
    • Les conducteur victimes... mais pas seulement
      Dans les accidents avec taux d’alcool positif, 69,8 % des personnes tuées sont des conducteurs à taux d’ alcoolémie positive, 16,2 % sont leurs passagers et 3,6 % des piétons.
  • Les effets de l’alcool sur les capacités de conduite
      L’alcool se diffuse très rapidement dans l’organisme : un fois dans le sang, il agit directement sur le cerveau, même à faible dose. Les premières perturbations sont constatées à partir de 0,3 g/l, mais se généralisent à partir de 0,5 g/l.

      Si l’on admet que le risque d’accident est de 1 pour un conducteur avec 0 gramme d’alcool dans le sang, il est déjà multiplié par 2 à 0,5 gramme par litre de sang. Au-delà, il continue à augmenter de façon exponentielle selon la quantité d’alcool consommée.

      La gravité de l’accident est directement liée au taux d’alcool : dans 90 % des accidents mortels liés à l’ alcool, les conducteurs impliqués ayant une alcoolémie positive présentent un taux supérieur à 0,8 g/l de sang. Dans un cas sur deux, il est supérieur à 1,5 g/l de sang.
      La consommation de cannabis renforce les risques : l’alcool associé au cannabis multiplie par 15 le risque pour un conducteur d’être responsable d’un accident mortel.

      Une perception dégradée
    • L’alcool augmente la sensibilité à l’éblouissement
    • Il altère l’appréciation des distances et des largeurs, il rétrécit le champ visuel. Le conducteur sera donc moins à même de percevoir le danger et la réalité de la situation en abordant une intersection, en entreprenant un dépassement.
    • Une capacité d’agir et de réagir altérée
    • Le temps de réaction est plus long d’au moins 50%, ce qui se traduit par des distances d’arrêt plus longue. À titre d’exemple : un véhicule roulant à 90 km/h parcourt 25 m en une seconde, 37 m en une seconde et demie. Ces 12 mètres, soit la distance parcourue pendant ce délai de réaction supplémentaire, peuvent faire la différence.
    • L’attention, la concentration et résistance à la fatigue sont diminués.
    • La conduite sous l’emprise de l’alcool génère des prises de risques plus importantes (vitesses excessives, agressivité…) ; son effet deshinibiteur amène le conducteur à une sous-estimation des dangers et à transgresser les interdits.
    • Des systèmes de protection moins utilisés
    • Le conducteur qui prend la route après avoir consommé de l’alcool néglige sa sécurité : près du tiers des conducteurs impliqués dans des accidents mortels n’étaient pas ceinturés.

    À savoir

    Quelle que soit la boisson alcoolisée, un verre tel qu’il est servi dans les cafés contient à peu près la même quantité d’alcool, soit à peu près 10 g d’alcool pur : 25 cl de bière à 5° = 12,5 cl de vin de 10 à 12° = 3 cl d’alcool
    à 40° (whisky, gin...).
    Chaque verre fait monter le taux d’alcoolémie de 0,20 g/l à 0,25 g/l (une demi-heure après une absorption à jeun et une heure après une absorption au cours d’un repas).
    L’élimination de l’alcool est très lente : il faut en moyenne 1 h pour éliminer 0,10 g à 0,15 g/l, soit environ 2 h pour éliminer un verre et retrouver toutes ses capacités.
    Attention aux idées reçues : café salé, cuillerée d’huile ou grands verres d’eau ne vous aideront pas à éliminer l’ alcool plus rapidement.

  • Les risques en cas d’infraction
    • Pour les conducteurs novices : à partir du 28 Juin 2015, si le taux d’alcoolémie dépasse 0,2 g/l (ou 0,10 mg/l d’air expiré), le conducteur est sanctionné par une contravention de 135 euros d’amende et un retrait de 6 points sur son permis probatoire. Ce qui provoque la perte du permis de conduire pour les usagers en sa possession depuis moins d’un an.
    • Sanctions pénales si l’alcoolémie dépasse 0,50 g par litre (ou 0,25 mg/l d’air expiré) :
      dès 0,5 g/l ou 0,25 mg/l c’est une contravention qui donne lieu à une amende de 135 € et à partir de 0,8 g/l ou 0,40 mg/l, c’est un délit avec une amende pouvant aller jusqu’à 4 500 €. Dans les deux cas, l’infraction entraîne un retrait de 6 points du permis de conduire. Les sanctions sont aggravées en cas d’accident corporel et le juge peut même prononcer l’obligation d’équiper le véhicule en éthylotest antidémarrage pour prévenir le risque de récidive.
    • Perte des garanties d'assurance souscrites (seule la garantie responsabilité civile reste obligatoirement acquise afin d'assurer la protection des victimes).
    • Radiation possible de la MAIF.