Cas classiques d'accident
Dans cette fiche seront abordés des cas classiques d'accidents ayant eu lieu pendant les cours d'éducation physique et sportive, mais aussi le cas un peu atypique d'un cours qui se déroulant dans la classe elle-même, a posé des problèmes de sécurité qui ne pouvaient conduire qu'à la mise en cause de la responsabilité de l'État substitué à l'institutrice. À ce titre ce cas est exemplaire.
Portique
Une
élève
de la grande section de maternelle tombe du portique d’une
hauteur d’un mètre (fracture du fémur
droit).
Les juges de première instance constatent
que l’institutrice avait donné la consigne
parfaitement claire et assimilable par des élèves
de cet âge, de ne pas sauter du portique, qu’elle
était à côté du portique et
elle a vu la chute se produire : après avoir mis en
œuvre, pour que la séparation de la classe
favorise le calme et le bon déroulement des
activités, deux activités différentes
(l’activité au portique et le jeu de ballon) ne
saurait donc lui être reproché.
L’absence
de tapis de sol ne constitue pas une faute de négligence,
dès lors que la blessure paraît être la
conséquence de la position des membres plutôt que
de la consistance du sol.
Il n’y a donc pas de comportement fautif, et la responsabilité de l’État substituée à celle de l’institutrice n’est pas retenue.
Cross des écoles
Un cross des
écoles pour les classes de CM1 est organisé par
les conseillers pédagogiques de circonscription. Un des
élèves, en participant à cette
manifestation, a fait une chute et a été
heurté après celle-ci, par d’autres
élèves (fracture de deux dents). La manifestation
sportive avait été organisée par les
conseillers pédagogiques de circonscription et
encadrée par les instituteurs assistés
d’étudiants de l’IUFM.
La
mère de l’enfant fonde sa demande sur les
dispositions combinées de l’article 2 de la loi de
1937 et de l’article 1384-8 du Code civil.
En première instance
Sur la
responsabilité des enseignants :
S’agissant
du défaut de surveillance à proprement parler, il
est difficile de considérer que la chute d’un
participant à un cross est une faute
révélatrice d’un défaut de
surveillance mais il apparaît que les organisateurs
n’ont pas été en mesure de fournir les
identités de ceux qui avaient heurté le jeune
garçon. La responsabilité de
l’État substituée à celle de
l’enseignant est retenue.
En appel
M.
le préfet de l’Essonne interjette appel de ce
jugement.
Sur la responsabilité des enseignants :
il sera souligné par les juges que l’accident est
survenu à 200 mètres environ du départ
et qu’il apparaît que les organisateurs et le
personnel d’encadrement n’ont pas su
appréhender l’importance des
difficultés pouvant se présenter et assurer les
meilleures conditions de sécurité compte tenu de
la configuration du parcours. La responsabilité de
l’État substituée à celle
des enseignants est maintenue.
La chute de
l’élève participant au cross des
écoles survenue peu après le départ
dans une pente montre la mauvaise appréhension de
l’importance des difficultés par les personnels
d’encadrement.
Cette appréciation
erronée de la configuration exacte du circuit ne permettait
pas d’assurer les meilleures conditions de
sécurité compte tenu de la configuration du
parcours.
Pour retenir la faute des professeurs, les juges
relèvent le défaut de sollicitation
d’accord parental à la participation des enfants
à la manifestation.
Cette carence met les
organisateurs dans l’impossibilité de fournir
l’identité de ceux des
élèves ayant heurté la victime. Elle
constitue une faute.
Exercice de motricité
En
2003, le jeune Lucas a chuté lors d’un exercice de
motricité organisé lors d’un cours de
gymnastique se déroulant en classe. Les enfants avaient
reçu instruction de se déplacer sur deux tables
contiguës à proximité desquelles se
tenaient une institutrice et une ATSEM. Le jeune garçon est
tombé et il en est résulté un
traumatisme crânien avec hématome extra-dural
ayant requis intervention chirurgicale.
L’âge
de la victime, 4 ans, et le fait qu’elle était
juchée sur une table de 74 cm de hauteur rendaient
prévisible l’imperfection de sa
démarche et de son équilibre. Le bas
âge de l’enfant rendait également
inévitable la discontinuité de sa concentration
et sa distraction. Il n’est d’ailleurs pas anodin
de relever que l’exercice était
intitulé "prise de risque".
Compte tenu de ces
risques et du fait que l’exercice se déroulait
dans la classe et non pas au sein d’une salle de sport, alors
même qu’il s’agissait d’un
cours de gymnastique, il était nécessaire :
- soit de disposer un équipement de nature à amortir les chutes tout autour de la surface d’exercice,
- soit qu’un adulte accompagne chaque enfant de suffisamment près de façon à la réceptionner dans les bras en cas de chute.
En choisissant d’organiser un tel exercice avec de si jeunes enfants tout en renonçant à la mise en œuvre de mesures de sécurité élémentaires, l’institutrice a commis une faute.
Sur l’indemnisation : le
défendeur observe à juste titre que la
responsabilité des enseignants est soumise à un
régime juridique spécial et protecteur eu
égard aux importantes responsabilités qui
pèsent sur ce corps d’État.
Néanmoins ni l’article 1384 du Code civil, ni la
loi du 5 avril 1937 n’excluent du champ de
l’indemnisation le préjudice des père
et mère d’un enfant ayant subi des dommages
corporels, pourvu que celui-ci et le lien de causalité
soient établis.
En l’espèce
c’est par ses propres moyens et seule, que la mère
a transporté son fils à
l’hôpital de la ville qui l’a
dirigée sur un autre établissement hospitalier.
C’est en urgence que leur fils a subi une intervention
neurochirurgicale. À ce choc émotionnel
s’est ajoutée la nécessaire
inquiétude des parents d’un très jeune
enfant durant huit jours d’hospitalisation (dont deux en
soins intensifs) et plusieurs mois au cours desquels leur enfant devait
recevoir des soins à domicile. Il mobilisait
l’attention des parents d’autant plus
intensément compte tenu de son jeune âge. Ces
soucis lourds et persistants ont nécessairement
généré un stress important pour des
parents, qui au demeurant exercent des responsabilités
professionnelles.
Quels que soient les cas abordés, il s’agit toujours ici d’aider les enseignants à conduire eux-mêmes l’analyse préalable qui leur permettra de bien discerner les dispositifs de prévention à mettre en œuvre et en cas d’accident de savoir (se) poser les questions permettant d’éviter le renouvellement de telles circonstances. Il ne s’agit pas de prétendre présenter toutes les connaissances nécessaires mais de découvrir progressivement les méthodes à mettre en œuvre pour acquérir d’utiles réflexes.
Frédérique Thomas-Bion
Sommaire du dossier
- Chute à vélo
- Chute d'un trampoline
- Noyade lors d'une séance de natation
- Saut à la perche
- Art du cirque, Base-ball, Course de vitesse
- Lutte, tennis de table, corde
- Base-ball, barres symétriques, saut à la perche
- Natation
- Chute de saut en cheval, saut en hauteur, chute sur un mini trampoline
- Grimper de corde, voile, basket-ball
- Les accidents scolaires
- Cas classiques d'accident
- La pratique de la gymnastique à l'école maternelle
- L'initiation à l'escalade
- Mise en Place de l’activité sportive
- Partie de football
- Revue d'activités sportives