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Enseignants

- Prévention à l'école

Prêts pour la classe de neige

Partir en classe de neige, avec ses élèves, c'est toujours un plaisir. Néanmoins, cela demande une bonne organisation au préalable.

Classe de neige : quelques pistes pour bien se préparer

Quoi de plus bénéfique qu’une sortie en montagne ? Bien préparée, elle est l’occasion de partager des moments forts entre enseignants et élèves. Au-delà de l’événement ludique qu’elle constitue, cette sortie est riche en apports pédagogiques. À séjour mémorable, organisation rigoureuse ! Pour cela, professeurs et professionnels de la montagne nous livrent une avalanche de conseils. Un dossier à parcourir tout schuss !

Ce ne sont pas des vacances

Une classe de découverte en milieu naturel contribue à donner un sens aux apprentissages et à valoriser les acquis. Le dépaysement apporte à tous une source inépuisable de motivation. Au-delà des contenus pédagogiques, les activités de pleine nature " hors l’école " favorisent l’autonomie des élèves. Voilà pourquoi " il est important de les impliquer au maximum, ne serait-ce que pour les motiver et les responsabiliser ", observe Agnès, professeur d’école d’une classe de CM1, dans le Nord – qui depuis plus d’une dizaine d’années guide ses classes en Suisse.
D’année en année, elle amène un peu plus les élèves à s’autonomiser. " Je les invite à se poser des questions, mais surtout à réaliser eux-mêmes certaines étapes, comme préparer leur valise, changer leurs euros en francs suisses, prévoir une gestion de leur temps sur place, s’arranger pour rapporter quelque chose et même préparer les réunions d’infos aux parents. " Pour cette enseignante, la notion de projet collectif prend tout son sens. " Hors de question que tout soit à notre charge ou celle des familles, ce ne sont pas des vacances ! " affirme-t-elle.
Antonin, enseignant dans le Loiret et grand amateur de la montagne partage le goût d’Agnès pour l’organisation collective. Pour ce dernier, " se mettre en projet de voyage, c’est avant tout avoir envie de partir pour découvrir et vivre en communauté ". Et pour cela, autant bien tout réserver dans les meilleures conditions.

Les réservations

Loin d’être l’étape préférée des enseignants, les différentes réservations ne s’improvisent pas. Et tout cela s’organise longtemps en amont. Pour des prix les plus compétitifs possible, il est préférable d’avoir un coup d’avance. Antonin, se lance dans les recherches de logement, dès le mois de juin, pour le mois de janvier, par exemple. Agnès, elle, réserve d’une année sur l’autre et confirme dès qu’elle a le feu vert de son établissement. Tous deux sont unanimes : il est capital que le séjour se déroule hors vacances scolaires. Agnès rompue à cet exercice, rappelle qu’il faut anticiper sur le calendrier de toutes les zones. " On a tendance à se baser uniquement sur nos propres congés ".
Qui dit " classe de neige ", dit " ski ", et donc, inscription aux cours à l’École de Ski Française (ESF). Les leçons peuvent se réserver plus d’un mois à l’avance. Pour cela, L’ESF recommande de leur adresser un fichier très complet avec le nombre d’enfants, le niveau de ski, la pointure et même les tailles de chacun des participants. Par le biais de cette école, il est possible de décrocher ses premières médailles : flocon, étoile ou flèches pour les plus confirmés. Bien sûr, tout cela engendre des frais supplémentaires.
Il n’est pas vain non plus de bien s’assurer auprès des différents organismes de transport que tout est en règle. Il est préférable de bien se renseigner auprès de la SNCF pour savoir s’il est possible de bénéficier du " service bagages ", au moment de la réservation des billets. L’entreprise ferroviaire met à la disposition des groupes, des chariots pris en charge par des agents, qui veilleront à mettre toutes les valises dans la soute du train.
Enfin le matériel, s’il existe une certaine disparité entre les élèves, Agnès ne veut pas en entendre parler. " Tout le monde au même niveau, il est hors de question que certains descendent avec leur propre équipement de ski. C’est location pour tout le monde. Si un élève compte baptiser son snowboard ou sa paire de skis, qu’il le fasse avec ses parents, pas avec l’école. " Il existe des services de séjour qui proposent des services complets aux scolaires, ce qui permet de limiter le nombre d’intervenants. Là encore, il faut s’y prendre quelques mois à l’avance.

Se préparer en classe

Pour Agnès, à quelques semaines du départ, il est temps que les enfants s’approprient pleinement le projet. " Je les laisse s’exprimer, je fais en sorte qu’ils se familiarisent, aussi bien avec des noms, des paysages, la faune, la flore... Ce qui est formidable avec ce genre de sortie, c’est qu’elle couvre beaucoup de matière : l’histoire, la géographie, la biologie, le sport, etc. "
Antonin, lui, met en place des réunions d’information à l’intention des parents d’élèves. Il y expose, à l’aide de ses élèves, la planification, une fois sur place, des activités sportives, culturelles et... scolaires. " On a tendance à oublier que l’on n’est pas dispensé de cours. Lors d’une de ces sorties, j’ai même fait une interro surprise ! " glisse-t-il. Le maître d’école multiplie également les contacts avec divers partenaires : syndicat d’initiative, mairie, musées, office du tourisme, de manière à décider du déroulement en concertation avec les élèves.
L’enseignante profite du temps de préparation, quelques jours avant le départ, pour sensibiliser les enfants à la vie " en extérieur ", hors de leur famille. Pour cela, elle a mis en place un système de grille qui permet à chacun de faire état de ses sentiments vis-à-vis du voyage, ainsi que ceux de leurs parents. " Il s’agit d’anticiper sur les réactions des uns et des autres, au moment de la séparation et surtout de savoir ce que chacun pense d’une telle sortie, les résultats sont véritablement bluffants et croyez-moi que je m’appuie énormément dessus, une fois sur place ! ". À ce propos, comment combiner avec les parents ?

Et la famille dans tout ça ?

Grand coutumier des sorties hivernales, il y a bien une entité qu’Antonin ne néglige pas : les parents. " Un seul mot d’ordre : le cas par cas. Il est difficile de s’imaginer le nombre de membres de la famille que l’on rencontre, les jours qui précédent le départ ". L’instituteur se munit de fiches de renseignements sanitaires, répertoriant les allergies, les régimes alimentaires spécifiques... Ce dernier recommande de toujours conserver sur soi, ces précieux fichiers d’information. Ils seront mis à jour jusqu’au départ !
De façon à ne pas se transformer en standard téléphonique, une fois sur place, Agnès passe par un service appelé " audiophone " : les parents peuvent appeler un répondeur, sur lequel les enseignants et accompagnateurs ont enregistré un message donnant de bonnes nouvelles du groupe. Sa mise à jour est inépuisable. C’est un système généralement très apprécié des familles. Et pourquoi pas un portable ? " Beaucoup de parents proposent de prêter leur téléphone, mais il en est hors de question. La classe de neige, c’est aussi l’immersion. "
Autre grand classique : la question de l’argent poche. Pour Antonin, il est parfaitement inutile de partir avec de grosses sommes. 15 à 20 euros maximum, de quoi acheter des cartes postales et un petit souvenir. L’enseignant demande aux parents de prévoir 1 à 3 enveloppes timbrées avec les adresses directement rédigées dessus. " Cela évite à la fois les erreurs, mais surtout de devoir aller acheter des timbres. Quel gain de temps " souffle le maître d’école. Tout semble en ordre, le départ approche, pourtant, il semble que nous omettions un léger petit détail.

La fameuse valise !

Terrible question que celle de la valise et de son contenu. C’est d’abord en tant que mère de famille qu’Agnès a décidé d’impliquer la classe. Là aussi, hors de question de laisser la seule charge aux parents. L’enseignante sonde alors ses élèves sur ce qu’ils pensent devoir emporter. Chacun dresse sa liste et la confronte avec celle de 2 ou 3 compagnons avant d’établir une liste générale. " Beaucoup de mères de famille sont venues me remercier, car elles se sentaient dépassées. De plus, chaque petit sait exactement ce qu’il emporte, ça limite les pertes ".
L’institutrice préconise de se faire prêter tout ce qui peut être complémentaire à l’équipement : gants, lunettes, combinaison... Elle rappelle également que le marquage des vêtements est indispensable. Concernant la quantité de linge – en plus de la combinaison de ski et de ce qui va avec - pour une semaine : 3 pulls, autant de pantalons, un polo ou t-shirt par jour, autant de slips, chaussettes, et un pyjama bien chaud. " Ça ne sert à rien de vider son armoire et de surcharger son enfant ".

En piste !

L’heure du départ a sonné, en route pour de nouveaux sommets ! Bientôt, les portes du train ou du bus vont se refermer pour une aventure passionnante. Voici l’instant qu’Antonin appelle : " La multiplication des bras ". Un pour les pièces d’identité, un autre pour les doudous, encore un autre pour les médicaments ou l’argent de poche de dernière minute, et enfin un dernier pour réconforter les inconsolables.
Une fois sur place, finalement le plus dur est passé. Le rythme s’impose au fur et à mesure. " C’est à ce moment que l’on s’aperçoit qu’un certain chaos règne, peu importe tout ce que l’on avait huilé " s’amuse Agnès. Un exemple parmi tant d’autres ? La répartition des chambres, dont quelques heures de transport et de concertation entre garnements auront eu raison. Agnès met en garde : " Pas plus de dix élèves par chambre. Au-delà, c’est ingérable ".
Antonin, change régulièrement de destination, il lui arrive souvent d’arriver dans des lieux inconnus. Son premier automatisme consiste à faire un tour et repérer les lignes de bus, les navettes, leurs horaires, leur fréquence. Second réflexe : il se rend en ville et prévient la présence du groupe auprès des pompiers, gendarmes, mairie, et commerçants proches. " Il est toujours préférable d’établir un contact avec un maximum de locaux " observe-t-il. L’occasion aussi de se faire rappeler quelques conseils de sécurité.

Les consignes de sécurité à respecter

Guillaume, guide de haute montagne à La Bessée, dans les Hautes-Alpes, rappelle à tous quelle est la première règle de base qui incombe à tous : " Il faut faire preuve d’humilité par rapport à cet élément naturel ". Pour ce professionnel, les risques se divisent en deux parties distinctes : les facteurs objectifs comme le physique, la technique et les limites de chacun et les facteurs subjectifs comme la météo, le matériel nécessaire, l’état de la neige ou de la roche... " Le risque le plus important avec les enfants est qu’ils ont tendance à se dépenser sans compter et peuvent se retrouver en état d‘épuisement sans signe annonciateur. "
Quelques mesures de prévention peuvent éviter certains ennuis, comme protéger les petits du soleil, penser toujours à l’insolation, la déshydratation, le refroidissement ou les gelures. Il est capital de veiller à ce qu’ils aient un équipement adapté. Il est préférable d’éviter les variations d’altitude trop brutales qui peuvent provoquer des otites et surtout ne pas les emmener dévaler les pistes dès l’arrivée. Un peu de repos et de récupération s’impose. Guillaume recommande à chacun de porter un casque, même s’il n’est pas obligatoire en France, le guide aguerri a constaté qu’il l’était chez nos voisins. " Autant anticiper toute éventualité ", recommande-t-il prudemment.
Pour rappel, la souscription à une assurance individuelle est obligatoire pour chacun des élèves. Il est important de bien vérifier au cas par cas, avant le départ, que chaque participant à cette sortie scolaire facultative, soit bien assuré. En plus de sa propre assurance, il n’est pas vain de souscrire à une assurance renforcée, type Offre métiers de l’éducation comprenant une protection juridique professionnelle.

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