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Trois questions à... Michel Guéré

Michel Quéré Un peu comme pour le Festival de Cannes, chaque académie compose un jury, de manière à assurer dans les meilleures conditions de qualité et de sécurité la notation du baccalauréat. Qui sont ces correcteurs ? Comment sont-ils désignés ? Quels sont les moyens dont ils disposent ? Michel Quéré, recteur de l’académie de Rennes, dévoile les coulisses des copies.

Comment les correcteurs du baccalauréat sont-ils sélectionnés ?

Les différents recteurs d’académie recensent tous les ans, de manière exhaustive et avec le plus grand soin, le nombre total d'enseignants disponibles dans chaque discipline. Le rectorat affecte les professeurs qu'il a désignés " membres de jurys ", après avis de l'inspecteur pédagogique régional de la discipline, ou de l'inspecteur de l'Education nationale de la spécialité.
Ce dernier tient compte de la répartition des candidats entre les différents centres d'examen retenus pour chaque baccalauréat. Mais aussi du nombre d'enseignants disponibles dans chaque discipline. Et dans la mesure du possible, du temps de transport entre le domicile de ces derniers et leur centre d'affectation. Nous veillons, à cette occasion, à ce qu'aucun membre du jury n'examine un candidat qu'il a eu comme élève pendant l'année au cours de laquelle la session normale de l'examen se tient.

 

Quels sont les moyens qui permettent d’assurer une correction homogène sur l’ensemble du territoire ? Les notes peuvent-elles varier d’un professeur à l’autre ?

Au regard des programmes et des définitions d'épreuves écrites qui revêtent une portée nationale, il est nécessaire d'assurer un traitement équitable à tous les candidats concernés. Pour cela, il faut concilier la liberté d'appréciation des correcteurs et la souveraineté des jurys d'examen, avec l'homogénéité des copies. C'est pourquoi les épreuves écrites font l'objet de procédures aussi harmonisées que possible.
Il est ainsi prévu des commissions d'entente des épreuves écrites. Un travail essentiel est accompli à ce moment-là. D’une part, pour rappeler et confirmer les exigences qui sont communément admises pour l'évaluation des copies. Mais surtout, afin d’ébaucher l'application par un exercice réel de notation, conduit en commun. Tout cela, s’organise avec la volonté pour chacun de confronter son jugement à celui des autres enseignants. Dans la recherche d'un point de vue partagé qui ne soit pas celui d'un seul.
Cet effort d'évaluation objective doit nécessairement être complété par l'adoption ou le rappel de quelques principes communs. Ceux-ci doivent être traduits en termes concrets dans l'échelle des notes utilisées, qui ne doit pas être conçu pour distinguer les copies et valoriser les meilleures.

 

Un mot sur les barèmes d’indemnisation des professeurs qui se prêtent à cet exercice ?

L'évaluation des élèves fait partie des missions des enseignants comme le stipule le code de l'éducation. La participation de ceux-ci aux jurys des examens fait partie de leurs obligations de service. Les examinateurs perçoivent 5 € par copie corrigée. Les épreuves orales sont rémunérées en fonction du temps passé, environ 34 € brut pour 3 heures. Je profite de cette interview pour souhaiter bon courage à tout le monde, de chaque côté de la copie !